Commentant la démission du ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy et la reconnaissance par Israël, vingt ans après son adoption par le Conseil de sécurité, de la résolution 425, M. Michel Eddé, ministre d’Etat, a déclaré que «ces deux événements reflètent la profonde crise qui secoue Israël et plus particulièrement son armée, sérieusement ébranlée par les réussites de la résistance nationale libanaise, ainsi que la justesse de la politique libano-syrienne». «La démission de David Lévy du gouvernement israélien s’inscrit, a dit M. Eddé, dans le cadre de la lutte interne pour le pouvoir en Israël qui s’est accentuée depuis un an environ, après l’échec de la politique extrémiste et agressive de Netanyahu, qui a conduit à la paralysie du processus de paix et à l’isolement d’Israël, au plan international, inquiétant pour l’opinion publique de ce pays». Il a ajouté: «Cette démission apparaît aussi comme l’un des indices principaux de l’aggravation des contradictions et de la violence du conflit entre la communauté juive américaine d’une part, Benjamin Netanyahu et ses partisans et alliés de l’autre. Il est clair depuis plusieurs mois que des pressions intérieures et extérieures ont été exercées en vue de provoquer la chute du gouvernement Netanyahu, et ceci après l’échec de toutes les tentatives en vue de l’amener à modifier sa politique. Il est clair aussi que les opposants au gouvernement Netanyahu, à l’intérieur d’Israël, soutenus par la grande majorité des communautés juives dans le monde, sont désormais convaincus qu’il devient impossible de supporter les risques de cette politique jusqu’à la fin du mandat de Netanyahu, c’est à dire dans deux ans et demi». Et M. Eddé de poursuivre: «D’autre part tout le monde sait que David Lévy a échoué plusieurs fois par le passé, dans sa tentative de prendre le leadership du Likoud, en raison du fait qu’il est un juif oriental (séfarade) et parce que l’establishment sioniste, constitué dans son immense majorité de juifs occidentaux (ashkénaze) — comme c’est le cas d’ailleurs de l’ensemble des communautés juives de la diaspora — ne peut accepter que le pouvoir de décision échoit à un juif oriental et que le destin d’Israël et des juifs lui soit confié». «C’est pourquoi David Lévy essaie maintenant en s’opposant à la politique de Netanyahu, décriée par les juifs occidentaux, et en présentant sa démission, de gagner la sympathie et l’appui de la communauté juive américaine en particulier, et de se présenter comme un successeur potentiel acceptable de Netanyahu au lieu de Ehud Barak, leader du parti travailliste, qui se présente, jusqu’à présent comme l’alternative au gouvernement Netanyahu». «Cette décision, ajoute M. Eddé, coïncide avec l’annonce officielle par le gouvernement Netanyahu de l’acceptation, par Israël, de la résolution 425 et ceci, alors que tous les gouvernements israéliens qui se sont succédé au pouvoir depuis 20 ans, avaient refusé de reconnaître cette résolution et de la mettre en application. Cette reconnaissance subite, à l’heure actuelle, constitue, estime M. Eddé, une dernière tentative de Netanyahu en vue de sauver son gouvernement; de même qu’elle apparaît comme un indice important de la gravité et de la profondeur de la crise dans laquelle se débat Israël, et plus particulièrement son armée, du fait de la poursuite de l’occupation du Liban-Sud et de la Békaa-Ouest». «Si Israël est maintenant acculé à reconnaître la résolution 425 cela est dû aux succès réels remportés dans les territoires occupés par la résistance nationale libanaise, à la politique sage et ferme suivie par le Liban et par la Syrie, à la solidité du front commun libano-syrien face à la politique aventurière et agressive d’Israël et au maintien de son occupation», a affirmé le ministre. «A l’heure où se confirme encore une fois, la justesse de la politique libanaise et syrienne qui refuse de céder aux pressions d’Israël et de se soumettre à ses diktats et à sa volonté de domination et d’hégémonie, il est particulièrement regrettable que la Jordanie choisisse ce moment pour participer, même à titre d’observateur, aux manoeuvres conjointes turco-israéliennes, donnant ainsi l’impression de porter atteinte à la solidarité arabe. Notre souhait est que tous les pays arabes frères, et en particulier la Jordanie, réalisent que la solidarité arabe doit être préservée à tout prix et le front libano-syrien bénéficier d’un appui total en vue de parvenir à libérer nos territoires et d’imposer à Israël la paix juste et globale dans l’intérêt de tous les pays de la région y compris celui d’Israël lui-même», a conclu M. Eddé.
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