La réélection annoncée du président kenyan Daniel acap Moï a reçu l’aval des observateurs nationaux indépendants, qui ont conclu que les «résultats reflètent la volonté des Kenyans», même si les conditions du scrutin ont été «imparfaites». La conclusion des trois organisations kenyanes non-gouvernementales chargées de surveiller avec près de 29.000 observateurs les élections générales va renforcer la légitimité de la victoire du président sortant et désarmer l’opposition, qui a crié à la fraude en demandant un nouveau scrutin. Les trois organisations ont appelé à leur tour les Kenyans à respecter les résultats, alors que l’on craint des violences post-électorales. Au cours d’une conférence de presse, l’Institut pour l’Education en démocratie (IED), la Commission catholique justice et paix (CJPC) et le Conseil national des églises du Kenya (NCCK) ont relevé toutefois de nombreuses insuffisances dans le processus électoral: médias favorables au pouvoir, délimitation injuste des circonscriptions électorales, chaos et inefficacité de l’organisation logistique et administrative des élections. Le manque d’urnes, l’insuffisance de bulletins et l’absence de scrutateurs dans les bureaux avaient conduit à prolonger les opérations électorales toute la journée de mardi. Malgré cela, «on doit reconnaître qu’un grand nombre d’électeurs ont dans une grande majorité pu voter». «Le dépouillement apparaît dans une grande mesure avoir été effectué de façon satisfaisante», note le communiqué des ONG. La participation, selon elles, s’est élevée à quelque 65%. Réélu pour cinq ans Les trois organisations, qui avaient reçu une aide internationale, disposaient dans les 210 circonscriptions kenyanes de 840 «moniteurs» et de 28.126 observateurs dans les bureaux de vote. Daniel arap Moï, 73 ans, sera réélu pour cinq ans, avait estimé le président de la commission électorale kenyane alors que le résultat définitif des élections n’est pas encore connu et que le parti du président criait aussi victoire. M. Moï avait conforté en week-end son avantage décisif dans la course à la présidence. Son parti, l’Union nationale africaine du Kenya (KANU) avait trois sièges d’avance et n’était toujours pas assuré de retrouver une majorité absolue au Parlement. Selon des résultats de 190 circonscriptions sur 210 publiés par le quotidien «The Nation», M. Moï obtenait 2.412.044 voix contre 1.789.206 pour son principal rival, Mwai Kibaki, chef du Parti démocratique (DP) et ancien vice-président, Raïla Odinga (Parti du développement national, NDP) a recueilli 707.528 voix et Michael Kijana Wamalwa (FORD-Kenya) 511.343. Le président Moï a d’autre part obtenu plus de 25% des voix dans 5 des 8 provinces du pays, condition pour être élu à la majorité simple. Aux législatives, dans les 199 circonscriptions dépouillées sur 210, la KANU a légèrement creusé l’écart avec l’ensemble de l’opposition. La KANU a remporté 101 sièges et l’opposition 98: DP 35, NDP 21, FORD-Kenya 19, SDP 14, FORD-People 3, Safina 3, FORD-Asili 1, Shirikisho 1, et le Congrès social du Kenya (KSC) 1. Trucages massifs? Le président de la commission électorale Samuel Kivuitu a dit au cours d’une conférence de presse qu’il pensait que M. Moï avait gagné les élections au vu de ces résultats, ajoutant que l’annonce officielle ne pouvait être faite avant l’arrivée de tous les résultats. Nous nous «sentons victorieux», «une grande majorité de Kenyans a voté pour la KANU» a déclaré le porte-parole de la KANU Bonaya Adhi Godana. Il a rejeté catégoriquement la tenue de nouvelles élections réclamées par l’opposition. L’élection présidentielle a été «massivement truquée en faveur de Moï», avaient affirmé devant la presse Mwaï Kibaki et Raïla Odinga (candidat du Parti du développement national, NDP), en réclamant l’organisation d’un nouveau scrutin d’ici trois semaines. De son côté, le secrétaire général de Safina, Richard Leakey, en acceptant le résultat des élections qui se sont déroulées selon lui de façon «désastreuse», s’est prononcé en faveur d’une négociation pour de nouvelles réformes constitutionnelles qui serviraient de base à des élections dans les deux prochaines années. L’opposition radicale du NCEC (Conseil exécutif de la convention nationale) avait déjà demandé l’annulation des élections et annoncé une manifestation pour le 9 janvier. Le gouvernement avait affirmé le même jour qu’il répondrait «fermement et rapidement» à tous les débordements. La mandat du président Moï s’achève dimanche, mais il reste en fonction jusqu’à la cérémonie d’investiture du nouveau président. Le nouveau Parlement doit se réunir avant fin janvier, soit dans les trois mois qui ont suivi sa dissolution le 10 novembre dernier. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La réélection annoncée du président kenyan Daniel acap Moï a reçu l’aval des observateurs nationaux indépendants, qui ont conclu que les «résultats reflètent la volonté des Kenyans», même si les conditions du scrutin ont été «imparfaites». La conclusion des trois organisations kenyanes non-gouvernementales chargées de surveiller avec près de 29.000 observateurs les élections générales va renforcer la légitimité de la victoire du président sortant et désarmer l’opposition, qui a crié à la fraude en demandant un nouveau scrutin. Les trois organisations ont appelé à leur tour les Kenyans à respecter les résultats, alors que l’on craint des violences post-électorales. Au cours d’une conférence de presse, l’Institut pour l’Education en démocratie (IED), la Commission catholique justice et paix...