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Actualités - Chronologie

Reprise aujourd'hui du procès de Maurice Papon

Le procès de Maurice Papon pour crimes contre l’humanité doit reprendre lundi devant la Cour d’assises de la Gironde (sud-ouest) après une trêve de quinze jours due aux fêtes de fin d’année et à l’état de santé de l’accusé, âgé de 87 ans. L’ancien ministre français est jugé depuis le 8 octobre pour son rôle dans l’organisation de la déportation de près de 1.500 juifs, alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de Bordeaux sous l’occupation nazie, de 1942 à 1944. Maurice Papon a passé les fêtes dans sa propriété familiale. Le procès, qui devait s’achever le 23 décembre selon le calendrier initial, a été retardé depuis son début, le 8 octobre dernier, par les deux hospitalisations de l’accusé et la lenteur des débats. De source judiciaire, il pourrait encore durer jusqu’à début avril si l’étude des faits se révèle aussi dense qu’en décembre. Il reprendra lundi avec l’interrogatoire de M. Papon par le parquet général, sur le convoi de déportation de 444 juifs de Bordeaux vers Drancy, le 26 août 1942. Il s’agit du deuxième des huit convois de déportation reprochés à l’ancien secrétaire général de la préfecture régionale, en poste à Bordeaux entre 1942 et 1944. M. Papon est poursuivi pour 18 victimes de ce convoi: il est accusé de complicité d’arrestation à l’encontre de 6 personnes, de complicité de séquestration et d’assassinat pour 16 et de complicité de tentative d’assassinat pour deux autres, le tout revêtant la qualification de «complicité de crimes contre l’humanité», selon le président Castagnède. Vraisemblablement à partir de mardi, les avocats des parties civiles et de la défense interrogeront à leur tour M. Papon sur ce convoi d’août 1942. L’attention des jurés se portera notamment sur le rôle joué par la préfecture régionale dans le sort d’une quinzaine d’enfants déportés dans ce convoi et pour lesquels la Cour est saisie par l’arrêt de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bordeaux renvoyant M. Papon devant les assises. Ces enfants dont les parents avaient été arrêtés et transférés en juillet 1942 à Drancy, puis Auschwitz, ont été également déportés à la demande des nazis après avoir été placés un mois dans des familles d’accueil. D’autres enfants, également placés, ont échappé, eux, à la déportation. La préfecture a-t-elle fait rechercher et revenir ces enfants pour les expédier à Drancy ou s’est-elle limitée à transmettre aux familles d’accueil la demande des SS sans donner d’ordre ni procéder à des arrestations comme le dit Maurice Papon? Une question clé pour analyser la responsabilité présumée de l’accusé dans l’organisation de ce deuxième convoi. D’autant plus que le sort de ces enfants juifs arrachés à leurs familles, puis déportés à Drancy et Auschwitz et finalement exterminés par les nazis suscite une émotion intense. Il semble, 55 ans après, qu’ils auraient pu être cachés et épargnés sans courir de grand risque vis-à-vis de l’occupant allemand. (AFP)
Le procès de Maurice Papon pour crimes contre l’humanité doit reprendre lundi devant la Cour d’assises de la Gironde (sud-ouest) après une trêve de quinze jours due aux fêtes de fin d’année et à l’état de santé de l’accusé, âgé de 87 ans. L’ancien ministre français est jugé depuis le 8 octobre pour son rôle dans l’organisation de la déportation de près de 1.500 juifs, alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de Bordeaux sous l’occupation nazie, de 1942 à 1944. Maurice Papon a passé les fêtes dans sa propriété familiale. Le procès, qui devait s’achever le 23 décembre selon le calendrier initial, a été retardé depuis son début, le 8 octobre dernier, par les deux hospitalisations de l’accusé et la lenteur des débats. De source judiciaire, il pourrait encore durer...