L’ancien chef de la diplomatie française Claude Cheysson a estimé que seule la «contre-violence est possible» face aux groupes islamistes en Algérie, et a écarté toute «responsabilité directe» des autorités dans les massacres de civils, dans un entretien diffusé samedi. L’ex-ministre (socialiste), qui vient d’effectuer un voyage en Algérie, a aussi critiqué durement les autorités françaises, estimant qu’il n’y a «jamais eu de rupture humaine aussi totale entre Algériens et Français» depuis 170 ans. Les groupes armés islamistes «échappent à notre conception de la vie», a déclaré M. Cheysson à el-Watan. «En face de ceux-là, il n’y a que la contre-violence possible. On les convaincra pas». M. Cheysson a aussi écarté «totalement l’idée avancée par beaucoup que les autorités algériennes ont une responsabilité directe dans les massacres et les attentats» et rejeté l’idée d’une commission d’enquête internationale, notamment réclamée, à l’étranger, par des organisations humanitaires. «J’ai essayé de comprendre pourquoi des forces de sécurité qui se trouvent à proximité d’un lieu de massacre n’interviennent pas aussitôt. Il y a des cas compréhensibles, mêmes s’ils ne sont pas plaisants à raconter», explique-t-il. «Il y a aussi des raisons techniques difficiles à comprendre pour des civils. Quand une troupe a pour mission de garder un poste, elle n’est pas équipée pour partir dans la nature». «Il n’y a rien de plus dangereux que de réduire le problème algérien au fait qu’il y a des massacres dans certains villages», estime M. Cheysson. Interrogé sur le «recul» de la coopération française, M. Cheysson répond: «Vous employez un mot bien faible. En dehors du pétrole, c’est la rupture. Depuis 170 ans, il n’y a jamais eu une rupture humaine aussi totale entre Français et Algériens. Les Français en sont en partie responsables». M. Cheysson explique que l’argument de la sécurité «ne le convainc pas». Il met en cause l’attitude de l’ambassade de France à Alger, la fermeture des consulats, des centres culturels, l’arrêt de la liaison d’Air France, les anciens appels aux ressortissants français pour qu’ils quittent l’Algérie et la couverture de la situation par la «télévision française» qui cherche des «images spectaculaires, choquantes». M. Cheysson a indiqué qu’il allait exposer son analyse au président Jacques Chirac, au ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine et qu’il voudrait rencontrer le premier ministre Lionel Jospin. (AFP)
L’ancien chef de la diplomatie française Claude Cheysson a estimé que seule la «contre-violence est possible» face aux groupes islamistes en Algérie, et a écarté toute «responsabilité directe» des autorités dans les massacres de civils, dans un entretien diffusé samedi. L’ex-ministre (socialiste), qui vient d’effectuer un voyage en Algérie, a aussi critiqué durement les autorités françaises, estimant qu’il n’y a «jamais eu de rupture humaine aussi totale entre Algériens et Français» depuis 170 ans. Les groupes armés islamistes «échappent à notre conception de la vie», a déclaré M. Cheysson à el-Watan. «En face de ceux-là, il n’y a que la contre-violence possible. On les convaincra pas». M. Cheysson a aussi écarté «totalement l’idée avancée par beaucoup que les autorités algériennes ont...
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