Le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur tient à partir de demain à Tunis sa 15e conférence annuelle, axée sur l’examen d’un projet d’accord antiterroriste dans le monde arabe, alors que plusieurs pays membres sont touchés par la violence liée à l’intégrisme. Le projet d’accord, élaboré lors de réunions de commissions issues des Conseils des ministres arabes de la Justice et de l’Intérieur, vise à «renforcer la coopération entre les Etats arabes dans la lutte contre les crimes terroristes qui portent atteinte à la sécurité et à la stabilité» du monde arabe, a indiqué un communiqué du secrétariat général du Conseil basé à Tunis. Le document prévoit notamment des accords d’«extradition des extrémistes et des terroristes recherchés ou condamnés» pour implication dans des attentats, et l’obligation pour les pays arabes signataires de «ne pas permettre aux groupes terroristes d’utiliser leurs territoires pour planifier ou commanditer des attentats dans d’autres pays arabes». Lors de sa précédente session début janvier 1997 à Tunis, le Conseil avait débattu de ce projet d’accord pour la lutte contre «le terrorisme et l’extrémisme» et avait chargé une commission de mettre au point un document définitif à soumettre à la 15e session. Il s’agissait notamment de compléter certaines dispositions juridiques et de cerner davantage «une définition exacte du terrorisme», faisant une distinction entre ce phénomène et «la lutte armée des peuples contre l’occupation étrangère et pour la libération de leurs territoires qui constitue un combat légitime». Ces précisions avaient été demandées par l’Autorité palestinienne et le Liban, soutenus par d’autres membres du Conseil, pour justifier la résistance armée contre l’occupation israélienne. De son côté, le Conseil des ministres arabes de la Justice avait examiné, lors d’une réunion le 27 novembre dernier au Caire, le même projet d’accord et décidé d’en reporter l’adoption afin de permettre «un examen plus approfondi» de la question. L’élaboration de cet accord était en gestation depuis quelque quatre ans à l’initiative de l’Egypte et de l’Algérie, pays arabes les plus touchés par la violence de groupes armés liés à l’intégrisme. En Algérie, les massacres de civils qui se sont intensifiés à l’occasion du début du mois de ramadan, et les violences opposant les groupes armés et les forces de sécurité ont fait quelque 60.000 morts depuis 1992, selon des sources occidentales. Pour sa part, l’Egypte frappée par l’attentat de Louxor qui a coûté la vie à 58 touristes le 17 novembre dernier, continuera probablement la campagne qu’elle mène depuis des années avec l’Algérie et d’autres pays arabes pour l’adoption par les ministres de l’Intérieur de «mesures concrètes» afin d’éradiquer «le terrorisme intégriste qui risque de s’étendre à tous les pays arabes», selon Alger. Le Conseil, qui regroupe les 22 membres de la Ligue arabe, doit examiner également un projet de programme pratique sur une période de trois ans pour l’exécution de «la stratégie arabe de lutte contre le terrorisme» adoptée lors de sa précédente réunion. Cette «stratégie de lutte», qui n’a pas de caractère contraignant, prévoit le développement d’une «coordination» et l’échange d’informations entre les services de sécurité des pays arabes sur «les activités, les implantations et les sources de financements des groupes terroristes».(AFP)
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