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Actualités - Chronologie

Bosnie : le parlement serbe se sépare sur un demi-échec


Le Parlement de l’entité serbe de Bosnie a ajourné sa session constitutive au 12 janvier, ayant échoué à élire un président et deux vice-présidents de cette assemblée issue des législatives anticipées de novembre dernier.
Le Parlement de la Republika Srpska (RS) s’est formellement constitué avec la prestation de serment par les députés serbes, les élus des partis de la Fédération croato-musulmane (l’autre entité bosniaque) s’y refusant.
Après six heures de querelles de procédure, le Parlement a validé les mandats électifs de ses 83 membres, dont 18 députés de la Fédération.
Ces derniers ont quitté la salle pendant la prestation de serment. Ils l’avaient déjà fait l’an dernier après les premières législatives, rejetant le texte du serment qui engage les élus à «défendre les intérêts de la RS et à respecter la justice et l’Evangile».
Les ultra-nationalistes de Pale se sont employés à entraver le déroulement de la session, amenant Hanns Schumacher, l’adjoint du Haut représentant civil en Bosnie Carl Westendorp, à les menacer de sanctions.
Il leur a rappelé que la conférence de Bonn sur le suivi des accords de paix de Dayton avait élargi début décembre les pouvoirs de M. Westendorp, l’autorisant à prendre des mesures contraignantes.
Les ultra-nationalistes du SDS (parti démocratique serbe-24 sièges) et leurs alliés du Parti radical (SRS, extrême-droite-15 sièges) ont perdu la majorité absolue lors du scrutin des 22 et 23 novembre.
Ils ont néanmoins revendiqué tous les postes, ceux de président et de vice-présidents du Parlement comme celui de premier ministre de la RS.
Leur adversaire Biljana Plavsic, présidente de la RS, dont l’Alliance populaire serbe (SNS) détient 15 sièges, a proposé comme premier ministre Mladen Ivanic, 39 ans. Cet économiste avait divisé le vote serbe lors des élections pour la présidence collégiale de Bosnie en septembre 1996, s’opposant à l’ultra-nationaliste serbe Momcilo Krajisnik.
M. Aleksa Buha, président par intérim du SDS, a demandé à Mme Plavsic de retirer sa proposition. Le SDS et le SRS ne sont prêts à «aucun compromis», car ils ont leur propre candidat, a-t-il dit, sans citer de nom.
M. Gojko Klickovic, membre du SDS, dirige le gouvernement de la RS depuis un an et demi et ce parti avait indiqué en début de semaine qu’il souhaitait sa reconduction.
Mme Plavsic a appelé les députés à ne pas oublier que «l’Etat est un instrument au service du peuple et non d’une poignée d’individus privilégiés», allusion aux durs, fidèles au dirigeant déchu Radovan Karadzic, qui est inculpé pour crimes de guerre par la justice internationale.

L’ombre de Karadzic

«L’accord de Dayton nous a apporté la paix, nous le reconnaissons et nous le respectons», a assuré la présidente, qui a les faveurs de la communauté internationale.
«Il nous a accordé une bonne part de souveraineté, que nous pouvons améliorer en renforçant l’Etat de droit mais que nous risquons de perdre en pratiquant un volontarisme politique», a-t-elle averti.
Un consensus s’est dégagé sur la candidature de Dragan Kalinic, membre du SDS, à sa propre succession à la tête du Parlement.
En revanche, le SDS, le SRS, le SNS de Mme Plavsic et la coalition formée autour des nationalistes musulmans du Parti d’action démocratique (SDA) ont revendiqué chacun un poste de vice-président.
Après une suspension de séance, M. Kalinic a annoncé que les partis n’avaient pas réussi à se mettre d’accord et avaient convenu de poursuivre leurs négociations le 9 janvier.
Si ces négociations débouchent sur un compromis, le Parlement se réunira à nouveau trois jours plus tard, à Bijeljina (nord-est), a-t-il indiqué.
Mme Plavsic s’est néanmoins déclarée «optimiste», les députés ayant accompli «une bonne partie de leurs tâches», selon elle.
M. Svetozar Mihajlovic, chef du groupe SNS, a indiqué que M. Kalinic avait consulté M. Schumacher avant d’ajourner la séance.
Il a dénoncé «l’intransigeance» du SDS et du SRS «qui voulaient constituer seuls le Parlement».
L’élu serbe à la présidence collégiale de Bosnie, Momcilo Krajisnik, chef de file des ultra-nationalistes, a affirmé que «la communauté internationale ne pourra pas trouver une solution» à la place des députés.
«Si elle le fait, ces solutions seront de courte durée. Elles dureront autant que durera Schumacher», a-t-il prédit. (AFP)
Le Parlement de l’entité serbe de Bosnie a ajourné sa session constitutive au 12 janvier, ayant échoué à élire un président et deux vice-présidents de cette assemblée issue des législatives anticipées de novembre dernier.Le Parlement de la Republika Srpska (RS) s’est formellement constitué avec la prestation de serment par les députés serbes, les élus des partis de la Fédération croato-musulmane (l’autre entité bosniaque) s’y refusant.Après six heures de querelles de procédure, le Parlement a validé les mandats électifs de ses 83 membres, dont 18 députés de la Fédération.Ces derniers ont quitté la salle pendant la prestation de serment. Ils l’avaient déjà fait l’an dernier après les premières législatives, rejetant le texte du serment qui engage les élus à «défendre les intérêts de la RS...