«Nous tous (au sein de la famille royale) avons éprouvé le choc et la tristesse de la mort de Diana», a assuré la reine dans son message.
D’une longueur record, 9 minutes et 55 secondes, les vœux télévisés 1997 et radiodiffusés entendaient manifestement trancher avec la solennité habituelle de l’exercice.
Tandis que des images des funérailles de la «princesse du peuple» étaient longuement diffusées à l’écran, la reine a remercié les dizaines de milliers de Britanniques qui ont rendu hommage à son ancienne belle-fille dans les semaines suivant sa disparition.
«Cela a été un grand réconfort pour tous ceux qui lui sont proches», a dit la souveraine. La reine, qui d’ordinaire ne s’épanche qu’avec parcimonie, a parlé de la «tristesse presque insupportable» provoquée par la disparition de Diana.
Elizabeth II — qui célébrera en 2002, à 76 ans, son demi-siècle de règne — a voulu aussi se tourner résolument vers l’avenir.
Le premier ministre, Tony Blair, assurait récemment que la plus vieille monarchie constitutionnelle au monde pouvait continuer à jouer un rôle de premier plan «dans une nouvelle Grande-Bretagne moderne». Dans ses vœux, la reine a semblé lui répondre.
Pour la première fois aussi clairement, la souveraine a apporté sa caution à la politique de décentralisation des travaillistes, alors que les conservateurs britanniques y avaient vu une menace de démantèlement du royaume
L’exemple du
Commonwealth
L’Ecosse et le Pays de Galles ont voté cette année pour une autonomie accrue, prévoyant la création d’un Parlement doté de pouvoirs fiscaux dans la première province et d’une assemblée aux attributions plus limitées dans la seconde.
Citant l’exemple du Commonwealth, qui, selon elle, montre «qu’unité et diversité peuvent aller de pair», elle a déclaré: «Les récentes évolutions chez nous, qui ont permis à l’Ecosse et au Pays de Galles d’avoir davantage leur mot à dire dans la conduite de leurs affaires, devraient être vues dans cette perspective et comme une preuve que le royaume peut continuer à jouir de tous les avantages qu’apporte le fait de rester uni», a-t-elle dit.
Car dans le même temps, elle a implicitement affiché sa volonté de jouer son rôle, même très symbolique, de garante de l’unité du pays. «Etre uni, c’est-à-dire avoir un sentiment d’objectif commun, c’est le ciment qui lie entre eux les membres d’une famille, d’un pays, d’un Commonwealth», a-t-elle dit.
Cherchant à prouver que la famille royale n’était pas figée dans le passé, la reine a jugé qu’il ne servait à rien de s’appesantir sur la perte des derniers confettis d’empire, après la rétrocession de Hong Kong à la Chine.
«Nous devrions être fiers du succès de notre partenariat à Hong Kong et de constater avec quel calme l’empire a été enterré», a-t-elle affirmé. «La famille des nations du Commonwealth que nous connaissons aujourd’hui a surgi du vieil empire», s’est-elle félicitée. (AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir