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Actualités - Chronologie

Massacre au Chiapas : 46 indiens tués par des paramilitaires

Au moins quarante-six Indiens ont été massacrés au Chiapas — bastion de la guérilla zapatiste — lors d’une très violente attaque de paramilitaires du Parti institutionnel révolutionnaire (PRI, au pouvoir) compliquant ainsi une reprise du dialogue entre la guérilla et les autorités.
Ce massacre, intervenu à la veille de Noël, a provoqué un vif émoi au Mexique et le président Ernesto Zedillo est intervenu personnellement, dans un message spécial à la nation, pour ordonner à la justice fédérale de mener l’enquête.
En confiant au procureur général, Jorge Madrazo, le soin de découvrir et châtier les coupables, le président a semblé faire preuve d’une certaine méfiance à l’égard de la justice du Chiapas, dont le gouverneur Julio Cesar Ruiz Fero est membre du PRI.
Jorge Madrazo est considéré comme un spécialiste des problèmes du Chiapas puisqu’il a été, fin 1994, désigné pour négocier la paix avec les guérilleros de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) qui, sous les ordres du sous-commandant Marcos, ont pris les armes en janvier 1994.
Selon des sources officielles, le massacre d’Indiens perpétré dans le village d’Atenal près de San Cristobal (l’une des principales villes du Chiapas à 1.200 km au sud-est de Mexico) a fait 46 morts et 25 blessés tandis que, selon une organisation humanitaire de la région, le nombre de morts serait de 47.
Le président Zedillo a qualifié le massacre «d’acte criminel cruel, absurde et inacceptable» en ajoutant qu’il y voyait «une raison très triste mais très puissante pour lancer un nouvel appel au dialogue, à la réconciliation et à la paix au Chiapas».
L’attaque — la plus violente jamais réalisée par des paramilitaires depuis l’apparition de la guérilla zapatiste — s’est déroulée à l’intérieur d’une école et d’une église donnant lieu à des scènes d’une rare violence.
«Neuf membres de ma famille ont été tués», a ainsi raconté à la radio privée Info-Red un témoin, Ernesto Mendes, membre de la communauté des Indiens tzotziles.
«Les «priistes» (membres du PRI) sont arrivés et ont commencé à tirer. Ça a duré plus de cinq heures, ça n’arrêtait pas, ça n’arrêtait pas», a-t-il ajouté.
Le vicaire du diocèse de San Cristobal, Gonzalo Ituarte, a également rapporté des scènes d’horreur indiquant notamment qu’il avait vu «des femmes abattues avec leurs enfants rampant sur leurs cadavres».
Les victimes, des Indiens tzotziles appartenant à un groupe pacifique, s’étaient réfugiées depuis quelques jours à Atenal après avoir reçu des menaces de mort.
L’évêque de San Cristobal, Samuel Ruiz, principal négociateur entre la guérilla et le gouvernement pour le conflit du Chiapas, a accusé les autorités de laxisme leur reprochant de ne pas être intervenues alors qu’elles en avaient la possibilité.
Récemment, l’évêque avait mis en garde contre l’imminence d’un «bain de sang» au Chiapas. L’attaque a été «une action violente annoncée», a-t-il souligné.
Le massacre est intervenu alors que depuis plusieurs semaines des paramilitaires du PRI pourchassent des groupes d’Indiens soupçonnés de sympathiser avec la guérilla de l’EZLN.
Fin novembre dernier, la situation s’est tendue quand des paramilitaires ont assassiné six sympathisants de la guérilla et incendié plusieurs demeures d’Indiens zapatistes provoquant un début d’exode d’un millier de personnes fuyant les principales zones de conflits.
Selon les analystes, le massacre est venu compliquer sérieusement une éventuelle reprise du dialogue entre les zapatistes et le gouvernement.
Depuis un an, les discussions sont dans l’impasse, les autorités refusant notamment de céder à une demande de l’EZLN d’obtenir l’autonomie pour les communautés indiennes du Chiapas. (AFP).
Au moins quarante-six Indiens ont été massacrés au Chiapas — bastion de la guérilla zapatiste — lors d’une très violente attaque de paramilitaires du Parti institutionnel révolutionnaire (PRI, au pouvoir) compliquant ainsi une reprise du dialogue entre la guérilla et les autorités.Ce massacre, intervenu à la veille de Noël, a provoqué un vif émoi au Mexique et le président Ernesto Zedillo est intervenu personnellement, dans un message spécial à la nation, pour ordonner à la justice fédérale de mener l’enquête.En confiant au procureur général, Jorge Madrazo, le soin de découvrir et châtier les coupables, le président a semblé faire preuve d’une certaine méfiance à l’égard de la justice du Chiapas, dont le gouverneur Julio Cesar Ruiz Fero est membre du PRI.Jorge Madrazo est considéré comme un...