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Actualités - Chronologie

Inquiétudes en Russie face à l'explosion de la Syphilis

Le nombre de cas de syphilis en Russie a été multiplié par 40 depuis 10 ans et cette croissance inquiète certains responsables politiques et de la santé, qui y voient une future tragédie nationale si des mesures ne sont pas prises très vite.
«Cela pourrait devenir le problème de toute la nation russe», affirme la député Aleftina Aparina, membre de la commission sur les enfants et la famille à la Douma, Chambre basse du Parlement.
«Je suis sûre que le ministère de la Santé ne dispose même pas de statistiques exactes, car beaucoup de gens ignorent qu’ils sont infectés», explique-t-elle, notant que le problème est particulièrement grave dans les régions du nord du pays.
Cette maladie, endémique en Russie avant la révolution de 1917, a été l’un des premiers problèmes auxquels se sont attaqués les bolcheviks après avoir pris le pouvoir.
Les mesures prises pour tenter de guérir les malades, qui s’accompagnaient, pour cette maladie et pour la tuberculose, de poursuites pénales en cas de refus de traitement, ont réussi à venir à bout de la maladie, qui avait quasiment disparu en Russie.
Mais les dix dernières années, marquées par la perestroïka de Gorbatchev puis par la chute de l’URSS, et surtout les quatre dernières, avec un passage à une société de type occidental, ont vu un retour puis une croissance exponentielle de la maladie.
Le nombre de malades connus était de 450.000 en 1997, soit quasiment 200.000 de plus que deux ans plus tôt. «Ce rythme de croissance est effrayant», selon Edouard Sarkissov, membre de l’Académie des sciences médicales.
Une autre tendance inquiétante est que les malades sont de plus en plus jeunes. «Chaque année, nous enregistrons davantage de cas d’enfants de moins de 14 ans», souligne Mme Aparina.
Pour M. Sarkissov, parmi les premiers responsables de l’épidémie figurent les émissions de télévision qui encouragent le relâchement de la morale. La Douma, dominée par les communistes, a récemment critiqué la chaîne privée de télévision NTV, estimant qu’elle passait trop de programmes érotiques.
Mais la cause principale, toujours pour M. Sarkissov, est la pauvreté et les difficultés économiques dans lesquelles se débat une grande partie de la population depuis le passage au système capitaliste.
Outre l’accroissement de la prostitution provoqué par cette pauvreté, les malades éprouvent maintenant plus de difficulté à se soigner. Si les hôpitaux sont toujours gratuits, les malades doivent en revanche acheter eux-mêmes leurs médicaments.
De plus, la course à l’argent fait que les gens ont souvent deux ou trois emplois et négligent leur santé, tandis que les problèmes de finances de l’Etat font que très peu d’argent est disponible pour faire face au problème, souligne le Dr Boris Andreïev, de l’hôpital Botkinskaïa à Moscou.
«Avec la loi soviétique, nous pouvions même faire intervenir la police pour forcer quelqu’un atteint de syphilis ou tuberculose à se soigner. Maintenant, tout ce que nous pouvons faire, c’est l’informer de son état», ajoute-t-il.
Très alarmiste, Mme Aparina affirme que «si le gouvernement ne met pas très vite en place les programmes nécessaires, seulement 54% des jeunes âgés aujourd’hui de 16 ans arriveront jusqu’à leur 64e anniversaire» (AFP)
Le nombre de cas de syphilis en Russie a été multiplié par 40 depuis 10 ans et cette croissance inquiète certains responsables politiques et de la santé, qui y voient une future tragédie nationale si des mesures ne sont pas prises très vite.«Cela pourrait devenir le problème de toute la nation russe», affirme la député Aleftina Aparina, membre de la commission sur les enfants et la famille à la Douma, Chambre basse du Parlement.«Je suis sûre que le ministère de la Santé ne dispose même pas de statistiques exactes, car beaucoup de gens ignorent qu’ils sont infectés», explique-t-elle, notant que le problème est particulièrement grave dans les régions du nord du pays.Cette maladie, endémique en Russie avant la révolution de 1917, a été l’un des premiers problèmes auxquels se sont attaqués les bolcheviks...