Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Verdict demain à Paris dans le procès Carlos

Le procès du terroriste international Carlos doit s’achever mardi, vraisemblablement sans qu’il ait dit s’il est bien celui qui a tué trois hommes, dont deux agents du contre-espionnage français (DST), dans un appartement parisien le 27 juin 1975.
«Je ne coopère pas», a répété vendredi ce Vénézuélien de 48 ans, à une justice française qu’il trouve en apparence bien médiocre pour un homme de son importance.
Coquet, vieillissant et nostalgique, Ilich Ramirez Sanchez, «né à Caracas le 12 octobre 1949, révolutionnaire professionnel» — ainsi qu’il se présente lui-même — a été érigé en mythe pendant vingt ans pour être resté insaisissable, grâce notamment à la coupure est-ouest.
Il s’estime d’abord «dans un vide juridique», après sa livraison par le Soudan à la France, le 15 août 1994. Donc, «il refuse le droit des magistrats français de le juger».
Ensuite, il estime n’avoir rien à dire sur son emploi du temps après 1971, date de son entrée au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une «structure militaire» sur laquelle il ne veut rien «balancer».
Enfin, il réclame à cor et à cris depuis le début du procès la comparution des témoins des trois meurtres pour lesquels il est jugé depuis le 12 décembre par la Cour d’assises de Paris. On les a recherchés, mais ils n’ont pas été retrouvés, ou n’ont pas voulu venir. Il déplore qu’ainsi on ne puisse pas connaître «toute la vérité» sur cette affaire, et évoque un complot des Israéliens.

«Je suis un homme mort»

Loin de lui, à l’en croire, de chercher à obtenir la clémence des juges et jurés. Il est sans illusion: «Carlos est un homme mort, je ne sortirai jamais de France, je mourrai en révolutionnaire et j’en suis fier», a-t-il clamé vendredi.
Dans une sorte de semi-aveu, il revendique «la responsabilité politique et militaire d’actes qui ont fait beaucoup de morts en France». Il est actuellement mis en examen (inculpé) cinq fois par le juge antiterroriste parisien Jean-Louis Bruguière, pour des attentats qui ont fait un total de 13 morts.
Alors, il fait de ce procès un baroud d’honneur. Il alterne les humeurs. Macho rigolard: «J’ai des enfants partout, et j’en suis fier». Fils aimant: «Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon papa, bon anniversaire papa». Cynique: «J’aime la chimie. J’étais un artificier extraordinaire». Menaçant: «Laissez-moi parler, vous oubliez qui je suis».
Le plus souvent, il ergote, chipote, lasse ses juges, relayé par son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre. Celle-ci a quitté les débats lundi dernier, afin de «ne pas se prostituer dans un procès stalinien», pour mieux y revenir trois jours plus tard, s’attirant les sarcasmes de ses confrères.
A chaque témoin ou expert, l’accusé écoute, puis, invariablement armé d’un classeur rouge d’écolier et d’un stylo, revoit point à point avec lui sa déposition. «Le témoin ne passe pas un examen de compétence!», lui a ainsi lancé un avocat des parties accusatrices.
Quand le président de la Cour place l’assassinat du président chilien Salvador Allende en 1972, au lieu de 1973, ou le Septembre noir des Palestiniens en Jordanie en 1971, au lieu de 1970, Carlos le corrige le lendemain, dictionnaire à l’appui.
Les témoignages, écrits, de ses amis, l’accablent, tout comme les analyses d’empreintes digitales ou d’écriture. Lui-même n’essaie pas de se dire innocent. Le seul témoin à être revenu à la barre sur ses dires, la réfugiée politique colombienne Nydia Tobon, n’a convaincu que de son grand sens de l’amitié.
Déjà condamné par contumace pour cette affaire le 1er juin 1992, Carlos risque, selon les juristes, trente ans de réclusion criminelle ou la perpétuité.
Au moment du verdict, sans doute sera-t-il salué, comme chaque jour, d’un poing levé, par quelques sympathisants en keffieh surveillés de près par des gendarmes. Le procureur Gino Necchi prononcera son réquisitoire lundi. (AFP)
Le procès du terroriste international Carlos doit s’achever mardi, vraisemblablement sans qu’il ait dit s’il est bien celui qui a tué trois hommes, dont deux agents du contre-espionnage français (DST), dans un appartement parisien le 27 juin 1975.«Je ne coopère pas», a répété vendredi ce Vénézuélien de 48 ans, à une justice française qu’il trouve en apparence bien médiocre pour un homme de son importance.Coquet, vieillissant et nostalgique, Ilich Ramirez Sanchez, «né à Caracas le 12 octobre 1949, révolutionnaire professionnel» — ainsi qu’il se présente lui-même — a été érigé en mythe pendant vingt ans pour être resté insaisissable, grâce notamment à la coupure est-ouest.Il s’estime d’abord «dans un vide juridique», après sa livraison par le Soudan à la France, le 15 août 1994. Donc,...