Seuls quelques articles de presse et une brève mention au journal télévisé ont marqué l’événement, une sobriété qui contraste avec la ferveur patriotique lors de la rétrocession de Hong Kong, il y a moins de six mois.
Dans la capitale chinoise, la pendule géante, qui pendant deux ans avait égrené, place Tiananmen, les secondes précédant le retour de Hong Kong, n’a pas été réinstallée pour Macao, malgré le programme officiel.
La différence de traitement entre les deux territoires illustre leur différence de taille: 15 fois moins d’habitants à Macao qu’à Hong Kong et un PIB 20 fois inférieur à celui de l’ex-colonie britannique.
La petite péninsule, située en face de Hong Kong dans le delta de la Rivière des perles, avait été offerte aux marins portugais en 1557 en remerciement de leur aide dans la lutte contre la piraterie. Macao devait devenir pendant trois siècles le principal point d’échanges commerciaux entre la Chine et l’Occident jusqu’à la fondation de Hong Kong en 1841.
A Macao même, seule une exposition de peinture et de calligraphie chinoise a ouvert ses portes samedi, plaçant le prochain retour à la mère patrie sous le signe de la restauration culturelle.
La culture figure d’ailleurs en bonne place dans les préoccupations de Pékin dans ses négociations avec le Portugal. La Chine a ainsi demandé jeudi à Lisbonne d’accélérer le processus de «sinisation» du territoire sans attendre le changement de souveraineté.
Pour Pékin, trois questions essentielles doivent être réglées de façon urgente: le remplacement des fonctionnaires portugais par des ressortissants chinois, la généralisation du chinois comme langue officielle et la transcription de la législation locale en chinois.
Actuellement, le personnel chinois n’occupe que 13,5% des postes de directeur et de directeur-adjoint au sein de l’administration du territoire, le premier directeur chinois n’ayant pris ses fonctions qu’il y a un mois.
Les autres hauts fonctionnaires sont des Portugais, alors que leur part dans la population de 420.000 habitants ne dépasse pas 3%.
Han Zhaokang, le principal représentant de Pékin au sein du Groupe de Liaison sino-portugais, a déclaré que «l’inquiétude s’accroît» de voir ces problèmes rester sans solution jusqu’à la rétrocession.
La Chine déplore aussi que seuls deux des cinq codes juridiques régissant le territoire, le code pénal et le code de procédure pénale, aient à ce jour été transcrits en chinois.
Le transfert des archives, des actifs et des retraites des fonctionnaires sont également des points importants que les deux pays doivent régler, a déclaré M. Han dans une interview au «China Daily».
Pour Ma Man Kei, un haut responsable politique chinois qui dirige la Chambre de Commerce Chine-Macao, «le retour pacifique de Hong Kong à la patrie est un modèle encourageant. Le Hong Kong d’aujourd’hui est le Macao de demain», a-t-il déclaré au quotidien de langue anglaise.
Les deux enclaves auront en commun un statut de «Région autonome spéciale», concrétisation de la formule «un pays-deux systèmes» chère à l’ancien numéro un chinois, Deng Xiaoping.
Ce statut, valable pour au moins 50 ans, ne changera rien à l’industrie des casinos, le gagne-pain de Macao, qui profite de sa proximité avec Hong Kong et le reste de la Chine où les jeux d’argent sont hors la loi. (AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir