Selon une source du Parti socialiste progressiste, M. Joumblatt «a fait le déplacement à Damas spécialement pour y rencontrer M. Béchara».
Les deux hommes ont examiné «la situation dans les territoires autonomes palestiniens, ainsi que le piétinement du processus de paix» avec Israël, a-t-on ajouté de même source.
M. Béchara, qui venait de Syrie, n’avait pas pu entrer au Liban, faute de visa, pour y participer jeudi à un colloque sur le thème «Les Arabes et la mondialisation», selon une source du Centre des études de l’unité arabe qui organise le colloque.
La même source a précisé que M. Béchara, professeur à l’université de Bir-Zeit (Cisjordanie), était invité au colloque en tant que «penseur palestinien et non en sa qualité de député».
M. Béchara se trouve depuis lundi à Damas où il a été notamment reçu par le chef de la diplomatie Farouk el-Chareh et le vice-président Abdel-Halim Khaddam.
Critiques de
Moukheiber
A Beyrouth, entre-temps, le chef du Rassemblement pour la république, M. Albert Moukheiber, s’est déchaîné contre M. Joumblatt, déclarant notamment: «Lorsque j’ai lu votre déclaration dans la presse, j’ai réalisé la réalité de la mission dont vous chargent les Syriens, dont le poids vous écrase et qui vous place en porte-à-faux vis-à-vis de tout un peuple qui revendique son droit à la souveraineté et à l’indépendance».
Mercredi, M. Joumblatt avait vivement critiqué le patriarche maronite et annoncé «la mort» du Liban.
M. Moukheiber considère que l’essentiel de la déclaration de M. Joumblatt tourne autour de la défense de la présence syrienne au Liban.
Et dans ce même ordre d’idée, il a estimé que «les relations des Libanais avec la Syrie souffrent à cause de tous les courtisans incapables de rapporter la vérité à leur allié».
«Contrairement aux rumeurs rapportées par certains profiteurs, le peuple libanais ne veut que du bien à la Syrie; le contraire serait faux, car il est dans l’intérêt du Liban que la Syrie soit souveraine avec une économie florissante et dans ces conditions, le Liban peut lui constituer un soutien sincère», a encore expliqué M. Moukheiber.
Le chef du RPR a conclu en estimant que «la présence syrienne au Liban est cause de discorde et ne reflète pas sa volonté de paix».


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