«La justice ne peut pas rester silencieuse aux complots, aux plans et aux intrigues» contre la République islamique, a souligné M. Yazdi, plus haute autorité judiciaire en Iran.
M. Yazdi, prononçant le prêche de la prière du vendredi à l’université de Téhéran, a affirmé que «l’appareil judiciaire n’allait pas rester sans réagir».
Les propos de l’ayatollah Yazdi visent clairement les milieux libéraux et religieux chiites, tous deux accusés de «complot et de trahison» pour avoir contesté ouvertement la légitimité politique et la prééminence du Guide de la République islamique l’ayatollah Ali Khamenei.
«Qu’est-ce qui vous arrive et pourquoi dire tout cela et porter atteinte au Guide huit ans après sa désignation», s’est demandé notamment l’ayatollah Yazdi, un conservateur proche de M. Khamenei et un des hommes clés du régime islamique.
Yazdi v/s Yazdi
L’avertissement de M. Yazdi intervient quelques jours après l’arrestation de la principale figure de l’opposition libérale iranienne, Ibrahim Yazdi.
L’arrestation de M. Yazdi, 65 ans, et son incarcération à la prison de Evin, près de Téhéran, a été annoncée lundi par son organisation, le Mouvement pour la libération de l’Iran (MLI) et confirmée mardi par l’agence officielle IRNA.
Cette arrestation survient après que M. Yazdi eut pris à partie les milieux conservateurs proches du Guide la République, leur reprochant de s’opposer au président réformateur Mohammad Khatami.
«Cercles
monopolistiques»
M. Yazdi venait de signer une pétition au président Khatami condamnant «les cercles monopolistiques, qui, sous prétexte de défense de l’islam et du velayat-e faghih (direction du pays par un guide religieux) cherchent à remplacer la liberté, la sécurité et l’Etat de droit par la violence et la confrontation sociale».
La lettre critique vivement l’attaque menée par des manifestants favorables au Guide contre les locaux de l’ayatollah Hossein Ali Montazéri en novembre dernier dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran.
M. Montazéri, dauphin de l’imam Khomeiny disgrâcié en 1989, est accusé par les conservateurs d’avoir pris parti contre le Guide Ali Khamenei.
Ce dernier avait annoncé en novembre que ceux qui, comme M. Montazéri, mettaient en cause son statut commettaient une «trahison» et devaient être traduits en justice. (AFP)


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