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Montée des tensions commerciales entre l'UE et les USA

Les tensions commerciales montent entre l’Union européenne et les Etats-Unis, de nouveaux sujets d’aigreur étant apparus après le tout récent sommet transatlantique qui n’a pas permis de faire évoluer les sujets de contentieux.
La décision américaine d’étendre ses restrictions aux importations de viande bovine et ovine européenne à la suite de nouvelles informations sur la maladie de la vache folle, a provoqué une réaction courroucée des responsables européens.
Cette décision n’est «absolument pas justifiée» du point de vue des critères de protection de la santé publique invoqués par Washington, a déclaré mardi le commissaire européen à l’agriculture Franz Fischler qui a été jusqu’à s’interroger sur «ses motivations véritables».
Le fait que les Américains n’aient pas jugé bon de prévenir les Européens au cours du sommet transatlantique qui se déroulait une semaine plus tôt à Washington a aussi déplu.
Les milieux européens spécialisés soupçonnent que cette initiative américaine constitue une pression liée à l’ensemble du contentieux sur la vache folle. Dans le cadre de ses mesures de précaution contre les risques de propagation à l’homme, l’UE avait en effet décidé de refuser sur son territoire tous les produits qui pourraient inclure certains tissus bovins ou ovins à risque (amygdales, yeux, cervelle, moelle épinière, rate).
Ceci suppose que dans les abattoirs, ces matériaux soient retirés pour être détruits, ce qui accroîtrait les coûts de production des gélatines et suifs, matières premières des industries cosmétique et pharmaceutique.
Or l’industrie pharmaceutique américaine dispose d’un marché énorme dans l’UE. Même si cette dernière vient de différer l’entrée en vigueur de cette mesure, il n’en reste pas moins que les Etats-Unis n’ont aucune intention de modifier leurs procédés, puisqu’ils estiment qu’ils n’ont aucun risque de cas de vache folle.
Un autre sujet agricole explosif est celui de la viande aux hormones. Les Etats-Unis ont gagné la première manche devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a estimé en première instance que le refus de l’UE d’importer de la viande américaine aux hormones n’était pas justifié.
Le jugement en appel — dont le résultat est attendu pour le 23 décembre — sera lourd de conséquences. Sur un autre sujet important pour l’UE, le contingentement des importations de bananes en faveur des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), l’OMC avait déjà donné raison aux Américains.
Le bœuf aux hormones est un sujet plus sensible et le commissaire Fischler a souligné récemment combien il était représentatif «du droit des gouvernements à décider à quel point leurs citoyens seront protégés des risques alimentaires». Un accord très avancé sur les équivalences vétérinaires risque de pâtir de ces conflits.
Dans le secteur du commerce électronique particulièrement porteur pour l’avenir, les Etats-Unis et l’UE ont signé une «déclaration conjointe» en trompe-l’œil pendant leur sommet. Selon les experts, la formulation sur la protection de la vie privée est lourde de conflits à l’avenir entre l’approche européenne très réglementaire et celle, américaine, fondée sur l’autodiscipline.
Autres bombes à retardement, les lois extraterritoriales américaines Helms-Burton et d’Amato, entravant pour la première les relations économiques avec Cuba et pour la seconde avec la Libye et l’Iran. Les négociations euro-américaines sont au point mort mais le suspense se prolonge sur l’application effective de sanctions contre des sociétés européennes.
Dans ce contexte lourd, le récent accord euro-américain sur le piégeage des animaux qui a empêché in extremis un embargo européen sur les fourrures américaines, est le seul élément de détente. (AFP)
Les tensions commerciales montent entre l’Union européenne et les Etats-Unis, de nouveaux sujets d’aigreur étant apparus après le tout récent sommet transatlantique qui n’a pas permis de faire évoluer les sujets de contentieux.La décision américaine d’étendre ses restrictions aux importations de viande bovine et ovine européenne à la suite de nouvelles informations sur la maladie de la vache folle, a provoqué une réaction courroucée des responsables européens.Cette décision n’est «absolument pas justifiée» du point de vue des critères de protection de la santé publique invoqués par Washington, a déclaré mardi le commissaire européen à l’agriculture Franz Fischler qui a été jusqu’à s’interroger sur «ses motivations véritables».Le fait que les Américains n’aient pas jugé bon de prévenir...