Il s’agit de la deuxième opération des forces de l’OTAN menée en Bosnie cette année, contre des criminels de guerre recherchés par le TPI.
L’un des deux hommes est Anto Furundzija, qui ne figurait pas sur la liste publique des 78 suspects que le TPI a inculpés jusqu’ici.
Le deuxième, Vlatko Kupreskic, qui lui se trouvait sur la liste publique du TPI, a été blessé de plusieurs balles dans l’opération menée par des troupes néerlandaises à Vitez, en Bosnie centrale, dans une zone dirigée par la Grande-Bretagne.
Il a «ouvert le feu sur la SFOR qui a riposté en situation de légitime défense». Kupreskic, cousin de deux hommes du même nom déjà détenus dans les cellules du TPI à Scheveningue près de La Haye, «a été blessé au thorax, au bras et à une jambe», mais son état est «satisfaisant», a assuré le ministre néerlandais.
Aucun soldat de l’OTAN n’a été blessé dans l’opération menée principalement par des troupes néerlandaises avec le soutien d’unités américaines.
«Plusieurs nationalités» ont participé à l’interpellation, selon M. Voorhoeve qui n’a pas précisé celles-ci. Elle s’est déroulée en pleine nuit, entre trois heures et cinq heures du matin.
L’arrestation des deux Croates de Bosnie «a été déclenchée par le secrétaire général de l’OTAN et menée sous le commandement du commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), le général américain Wesley Clark», a ajouté le ministre néerlandais.
Selon un communiqué de M. Solana publié à Bruxelles, la SFOR a mené l’arrestation de ces deux hommes conformément à son mandat qui prévoit de telles interpellations lors d’une rencontre de suspects dans l’exercice de ses fonctions.
«Nous ne tolérerons aucun comportement de l’une ou l’autre partie contraire à l’accord de paix», a ajouté le secrétaire général en affirmant que la SFOR «a une attitude ferme et impartiale». «Il ne peut y avoir de paix durable sans justice», a-t-il ajouté.
«Cette action de la SFOR est un avertissement lancé à toutes les personnes recherchées pour crimes de guerre encore en liberté. Celles-ci devront elles aussi répondre de leurs actes et devraient immédiatement prendre des mesures pour se livrer de leur plein gré au TPI».
Un frein à la paix
La liberté de certains criminels de guerre en Bosnie est un frein à l’établissement d’une paix durable, avait également estimé le ministre néerlandais.
M. Solana comme M. Voorhoeve ont félicité les troupes de la SFOR pour leur «dévouement et leur exceptionnel professionnalisme».
En juillet dernier, des commandos spéciaux britanniques de la SFOR, avec l’appui logistique des Américains, avaient mené une opération d’arrestation à Prijedor (Nord-Ouest) à l’encontre de deux Serbes de Bosnie recherchés par le TPI, dont un, armé, avait été abattu après avoir ouvert le feu.
Cette opération entreprise à Vitez a été menée au lendemain d’une session semestrielle à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, qui a décidé de poursuivre son engagement militaire en Bosnie après la fin de la mission de la SFOR en juin.
Moscou a été prévenu de la nouvelle opération d’arrestation de criminels de guerre, selon l’OTAN, qui n’a pas pu préciser quand exactement l’Alliance avait fourni des informations aux Russes. Ces derniers avaient critiqué la première opération menée en juillet.
A l’issue d’une rencontre du Conseil Otan-Russie, le ministre russe Evgueni Primakov avait déclaré que la Russie restait opposée à tout recours à la force en Bosnie pour appliquer le plan de paix, «sauf dans des cas extrêmes et dans le seul cadre du mandat». (AFP)


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