Dans une déclaration conjointe adoptée lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des neuf pays le l’ASEAN, ceux-ci ont «demandé de plus grands efforts nationaux, régionaux et internationaux, tels que ceux de l’Union européenne, du Japon et des Etats-Unis, et des institutions financières internationales pour surmonter cette situation aussitôt que possible».
Dans cette déclaration dont le ton a été nettement renforcé comparé au texte original, les dirigeants de l’ASEAN jugent «urgent que des efforts globaux soient mis en œuvre, y compris le rôle central du FMI, pour arrêter la glissade monétaire et restaurer la stabilité des marchés monétaires».
«Depuis que les ministres des Finances de l’ASEAN se sont rencontrés il y a deux semaines (à Kuala Lumpur), les monnaies de la région ont encore chuté, causant un tort plus grand aux économies régionales», ajoutent-ils.
Les dirigeants de l’ASEAN «notent qu’en dépit du fait que les fondamentaux des économies régionales aient été corrigés et améliorés grâce au soutien et aux conseils du FMI, la dépréciation des monnaies continue sans arrêt».
«Cela se traduit par une régression grave pour la bonne santé économique de ces pays, leurs entreprises et leurs habitants», jugent les neuf responsables qui soulignent la nécessité pour la région de «rester unie et faire preuve de détermination pour répondre au défi posé par la situation actuelle».
Ces responsables ont exprimé leur «fort soutien» à une mise en œuvre rapide de l’arrangement conclu le mois dernier à Manille qui permet aux pays bénéficiant déjà d’un programme d’aide du Fonds monétaire international de recevoir des aides complémentaires en cas de besoin.
Les dirigeants de l’ASEAN ont également déclaré leur soutien à des mesures visant à «renforcer les capacités du FMI à répondre aux crises financières».
Malgré la crise, les dirigeants de la région réaffirment néanmoins leur engagement à «maintenir un commerce ouvert» à l’intérieur de la zone ASEAN et «lever les entraves au commerce».
Cette déclaration a été adoptée à l’issue de trois heures de discussions lundi dans une salle du «Palais des cheveux dorés», un hôtel tout neuf construit dans la périphérie de Kuala Lumpur.
Le sommet, dont l’hôte est le bouillant premier ministre malaysien Mahthir Mohamad, a été élargi dans l’après-midi aux dirigeants chinois, japonais et sud-coréen, le président Jiang Zemin, le premier ministre Ryutaro Hashimoto et le premier ministre Koh Kun.
Ce sommet «9+3» est une première dans l’histoire de l’ASEAN qui commémore à Kuala Lumpur le trentième anniversaire de sa création.
Mahathir, le champion des «valeurs asiatiques», a quant à lui renouvelé ses critiques dirigées contre le FMI, estimant que les conditions imposées par le fonds en échange de l’octroi d’aides financières risquaient de susciter des difficultés telles dans les pays récipiendaires que même des entreprises saines risquent de devoir fermer leurs portes.
«Voilà un sujet qui mérite réflexion et je pense qu’il y a des gens qui suggèrent déjà que le FMI devrait reconsidérer certaines de ses stratégies qu’il juge essentielles pour la survie de ces pays», a-t-il dit devant la presse.
Ouvert dimanche soir, ce sommet informel tout entier dominé par la crise financière en Asie doit s’achever mardi.
L’ASEAN rassemble la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, l’Indonésie, Brunei, les Philippines, le Vietnam, le Laos et la Birmanie. Ces deux derniers pays ont adhéré à l’institution régionale en juillet cette année. (AFP)


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