Toutefois, les fluctuations de cours se sont maintenues dans des limites assez étroites, le volume des échanges étant très normal. Dans cette évolution, le taux moyen réel de la livre libanaise ne s’est pas modifié sur le marché interbancaire, contrairement à celui fixé par la B.D.L. au sein de sa fourchette d’intervention dans les deux sens à l’achat comme à la vente du dollar qui a subi de petites modifications à la baisse devenues désormais traditionnelles.
Ainsi, pendant que la B.D.L. faisait clôturer le dollar jusqu’au mercredi au taux moyen indicatif de 1528,25 L.L. puis, jeudi et vendredi, à 1528,- L.L. consécutivement à l’abaissement de son taux d’intervention «symbolique» à l’achat de 1524,- L.L. à 1523,50 L.L. en un premier temps, puis à 1523,- L.L. en un deuxième temps, tout en maintenant dans les deux cas son taux «réel» à la vente à 1533,- L.L., contre 1524,- / 1533,- L.L. et un taux moyen indicatif à 1528,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 5 décembre (-0,03%), les banques de la place continuaient à le négocier entre elles invariablement au haut de cette fourchette d’intervention de la B.D.L., maintenue inchangée à 1533,- L.L., comme auparavant, soit entre 1532,75 et 1533,25 L.L., dans un marché calme en attendant les débats parlementaires relatifs au projet de budget 1998.
Détente du dollar
à l’étranger
A l’étranger, le dollar s’est légèrement replié, la semaine dernière, sur les marchés des changes internationaux contre toutes les autres grandes monnaies dans la crainte d’intervention de la Banque du Japon après qu’il eut franchi le seuil psychologique des 130,- yen. Cela d’autant que les opérateurs commençaient d’ores et déjà à exclure tout relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis lors de la réunion, demain, du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed). Cette perspective, relancée au lendemain des chiffres du chômage américain en novembre reflétant une surchauffe économique génératrice d’inflation (baisse du nombre des chômeurs à 4,6% de la population active pour la première fois depuis 24 ans et création de quelque 404.000 emplois non agricoles le mois dernier), ne tardait pas à être dissipée, après la publication, la semaine dernière, d’une nouvelle batterie de statistiques écartant toute surchauffe de l’économie américaine qui pourrait, au contraire, se ressentir de la crise des places asiatiques l’an prochain.
A cet égard, les marchés ont été sensibilisés par l’annonce d’une baisse inattendue de 0,2% des prix productifs américains, le mois dernier, contre un hausse de 0,1% en octobre, et d’une maigre augmentation de 0,2% des ventes de détail contre une diminution de 0,2% pendant la même période, malgré l’approche de la saison des fêtes de Noël et du Nouvel an. Ce phénomène, excluant toute surchauffe inflationniste, a été renforcé par un autre élément ne justifiant guère l’appréciation du dollar, à savoir la hausse de 11,4% du déficit de la balance américaine des comptes courants, lequel aurait atteint 42,2 milliards de dollars au troisième trimestre contre 37,9 milliards au second, au moment où l’on apprenait que l’excédent courant de la balance japonaise des paiements se serait accru de 220,2% en octobre par rapport à la période correspondante de 1996, atteignant 8.,36 milliards de dollars contre 2,60 milliards de dollars.
Eu égard à ces développements et compte tenu aussi des mises en garde lancées par de hauts responsables japonais contre la dépréciation du yen, le dollar devait subir quelques pressions à la baisse. D’un côté, le vice-ministre des Finances, Eisuke Sakakibara, avait exprimé ses inquiétudes sur la valeur du dollar à plus de 130,- yen, et le directeur général du département finance internationale de ce ministère, Haruhiko Kuroda, avait indiqué aussi que le Japon restait en contact étroit avec ses partenaires américains et européens à propos des taux de change, faisant savoir que son pays n’a pas besoin d’un yen faible pour aider les exportations nippones. Il n’en fallait pas plus pour déclencher des prises de bénéfices sur le «billet vert» le faisant tomber de 130,50 yen à 128,75, de 1,7925 D.M. à 1,7600, de 1,4575 F.S. à 1,4225... Mais, après qu’un membre du Conseil de la Bundesbank, Reimut Jochimsen, eut dit, à la veille du week-end, ne pas être inquiet de l’appréciation du dollar face au deutschemark à la suite des turbulences des marchés asiatiques, nombres d’opérateurs, qui avaient largement anticipé un statu quo monétaire américain lors de la réunion, demain, du comité de l’open market de la Fed, ont estimé devoir ajuster leurs positions de change à la faveur du dollar qui a clôturé la semaine, vendredi dernier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine se terminant au vendredi 5 décembre, comme suit:
— 1,6495 pour un sterling contre 1,6575 (+0,48%)
— 1,7765 D.M. contre 1,7830 (-0,36%)
— 1,4335 F.S. contre 1,4400 (-0,45%)
— 5,9475 F.F. contre 5,9640 (-0,28%)
— 1741,25 lires contre 1744,- (-0,16%)
— 130,45 yen contre 130,20 (+ 0,19%)
Or: marché
toujours faible
Les craintes de liquidations d’une partie des stocks d’or nazis estimés à quelque 5,5 tonnes et de ventes de banques centrales asiatiques et latino-américaines ont continué à peser sur le métal jaune. L’annonce par un journal allemand spécialisé, le «Bôrsen-Zeitung», que de hauts responsables gouvernementaux de l’Union européenne lui ont confirmé que la future banque centrale européenne (B.C.E.) conservera un pourcentage d’or dans ses réserves, ne devait avoir qu’un impact positif très passager sur le marché qui avait été ébranlé dans ce contexte auparavant par une déclaration du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Eddie George, estimant insouhaitable que la B.C.E. détienne des quantités d’or dans ses réserves car selon lui le métal fin est «le moins liquide des actifs». C’est ainsi que l’or devait rester sous de fortes pressions, le faisant tomber à ses plus bas niveaux jamais atteints depuis 1979, à 282,80 dollars l’once, en clôture vendredi dernier, à New York, contre 288,40 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 5 décembre, en nouvelle baisse de 1,94% en moyenne.
Quant à l’argent-métal, bénéficiant toujours d’un fort courant d’achats industriels, il a fait l’objet d’attaques à la hausse de spéculateurs professionnels, le faisant rebondir à plus de 6,- dollars l’once à 6,05 dollars mercredi pour la première fois depuis mai 1995. Mais des ventes bénéficiaires ne tardaient pas à s’installer sur son marché, jeudi et vendredi, le ramenant finalement, à New York, à la fin de la semaine dernière, à 5,8420 dollars l’once contre 5,3650, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 5 décembre, réduisant ses gains de 12,77 à 8,89% en moyenne d’une huitaine à l’autre.
Elie KAHWAGI


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