Les partisans du président déchu du Congo, Pascal Lissouba, ont rejeté l’offre de réconciliation nationale du régime du président Denis Sassou Nguesso en refusant de participer au forum pour l’unité prévu en janvier.
Dans une déclaration datée du 28 novembre, rapportée ce week-end par Radio-liberté captée à Kinshasa, les partisans de M. Lissouba regroupés au sein de l’Espace républicain pour la démocratie et l’unité nationale (ERDUN) justifient leur refus par le fait que le forum est «organisé par un pouvoir putschiste et dictatorial».
«C’est un reniement de la démocratie et une mascarade», affirme la déclaration signée par l’ancien premier ministre Bernard Kolélas, son prédécesseur Joachim Yhombi Opango, le secrétaire général de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS de M. Lissouba, Christophe Moukouéké) l’ancien président du conseil économique et social, Jean Michel Bokamba Yangouma, tous en exil.
Dans leur déclaration, les signataires «mettent en garde le peuple congolais contre toute participation à ce forum». Ils demandent à la communauté internationale de rétablir «le gouvernement légal de Kolélas et M. Lissouba», estimant que le nouveau pouvoir ne doit pas bénéficier d’une «aide sous quelque forme que ce soit».
Chassés du pouvoir en octobre, après leur défaite militaire face aux miliciens du général Sassou Nguesso au terme d’une guerre civile qui a fait de 4.000 à 10.000 tués, M. Lissouba et ses proches tentent désespérément depuis leur exil de retrouver le pouvoir.
Interrogé par Radio-liberté, le coordonnateur du forum, Sébastien Bowao, a affirmé que «si l’ERDUN est conscient de son poids dans le pays, il doit prendre part au forum».
A sa création en septembre, l’ERDUN revendiquait une quarantaine de partis représentant, selon l’organisation, 80% du corps électoral du Congo.
De son côté, un commentateur de Radio-liberté a demandé à la population de ne pas se préoccuper «des idées macabres des hommes qui ont mis le Congo en pièces détachées».
En décidant de boycotter le forum, les partisans de M. Lissouba semblent anticiper un probable refus du président Sassou Nguesso de les voir participer à la réunion.
Ouvrant les travaux préparatoires du forum, le ministre en charge de l’organisation de la réunion, Firmin Ayessa, a affirmé que «toutes les forces vives de la nation seront invitées», à l’exception des auteurs de la guerre civile.
«Il faut que les génocidaires (expression employée pour désigner MM. Lissouba et ses proches) nous expliquent l’origine et les causes de la guerre civile qui a endeuillé notre pays», a indiqué M. Ayessa.
Quelques jours auparavant, le gouvernement avait invité quatre organisations internationales de défense des droits de l’homme à dépêcher des missions à Brazzaville pour enquêter sur les deux guerres civiles de 1993 et 1997 afin que la lumière soit faite.
En octobre, le président Sassou Nguesso a prévenu que les auteurs des «génocides» ne resteraient pas impunis. (AFP)

