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Actualités - Chronologie

Le TPI dénonce l'attitude de la France en Bosnie


Le procureur général du Tribunal pénal international (TPI) sur l’ex-Yougoslavie, Louise Arbour (Canada), affirme que «c’est dans le secteur français (en Bosnie) que se trouvent beaucoup de criminels de guerre et ils s’y sentent actuellement en sécurité absolue».
«La vaste majorité des inculpés, dont les plus importants, est en secteur français. Il y a des opportunités d’action considérables en secteur français, or nous devons faire face à une inertie totale. D’où la conclusion qu’il s’agit d’une politique concertée. Elle est inacceptable», accuse-t-elle dans une interview publiée par le quotidien français «Le Monde».
La SFOR, force multinationale de l’OTAN, a divisé la Bosnie en trois secteurs: américain, britannique, français.
Mme Arbour avait déjà qualifié auparavant sur la chaîne de télévision française TF1, l’attitude de la France vis-à-vis du TPI de «franchement inacceptable».
«Qu’on doive se contenter de dépositions écrites est assez révélateur, à mon avis, d’une politique concertée au sein du ministère de la Défense, ici en France, de ne pas coopérer avec le Tribunal, je trouve cette attitude déplorable et franchement inacceptable», avait-elle dit sur la chaîne privée.
Le ministre français de la Défense, Alain Richard, avait annoncé qu’aucun officier français ne témoignerait autrement que par écrit au TPI chargé de juger les criminels de guerre en ex-Yougoslavie.
Le ministère français de la Défense s’est refusé à tout commentaire sur les déclarations de Mme Arbour sur TF1 et dans le quotidien «Le Monde».

Contrôler
la vérité

Revenant à la charge sur la question des témoignages écrits, Mme Arbour estime dans «Le Monde» que cette attitude de la France la «conduit à croire que l’intention véritable est de contrôler l’accès du TPI à la vérité».
«C’est, estime-t-elle, un geste qui témoigne d’une volonté de ne pas coopérer avec le Tribunal et qui correspond d’ailleurs tout à fait avec la position extrêmement décevante des autorités militaires concernant l’arrestation des criminels de guerre présumés».
Pendant la guerre en Bosnie, plusieurs officiers français ont commandé l’ensemble des troupes de l’ONU jusqu’à ce qu’une force internationale formée par les pays membres de l’OTAN et placée sous le commandement américain, prenne le relais.
Trois généraux français ont commandé la force de protection des Nations Unies pour l’ex-Yougoslavie (FORPRONU): Bertrand de Lapresle (février 1994-mars 1995), Jean Cot (juillet 1993-janvier 1994) et Bernard Janvier (mars 1995-janvier 1996).
Le TPI a été créé en 1993 par le Conseil de Sécurité de l’ONU dont la France est un des cinq membres permanents. (AFP)
Le procureur général du Tribunal pénal international (TPI) sur l’ex-Yougoslavie, Louise Arbour (Canada), affirme que «c’est dans le secteur français (en Bosnie) que se trouvent beaucoup de criminels de guerre et ils s’y sentent actuellement en sécurité absolue».«La vaste majorité des inculpés, dont les plus importants, est en secteur français. Il y a des opportunités d’action considérables en secteur français, or nous devons faire face à une inertie totale. D’où la conclusion qu’il s’agit d’une politique concertée. Elle est inacceptable», accuse-t-elle dans une interview publiée par le quotidien français «Le Monde».La SFOR, force multinationale de l’OTAN, a divisé la Bosnie en trois secteurs: américain, britannique, français.Mme Arbour avait déjà qualifié auparavant sur la chaîne de...