De l’aveu du ministre du Tourisme égyptien Mamdouh al-Baltagui, les taux d’occupation des hôtels avoisinent seulement les 18% et les annulations de circuits organisés sont très importantes.
L’attentat devrait coûter à l’Egypte plus de deux milliards de dollars de recettes (sur les 4 mds prévus pour la saison 97/98), ainsi que la moitié des quelque 4,5 millions de vacanciers attendus, selon les estimations officielles.
Les Allemands, première clientèle touristique de l’Egypte (11,9% du total) devant les Italiens (9,8%), les Britanniques (8,2%), les Israéliens (7,1%) et les Français (6,6%), se sont vite reportés sur d’autres destinations.
Les voyagistes allemands accusent un sévère recul de réservations. Le numéro un européen TUI affiche «environ 50% de désistements vers l’Egypte pour la saison d’hiver», mais constate un regain des demandes. Son concurrent NUR Touristik, évoque «80% de réservations en moins».
«Nous avions placé de gros espoirs sur l’Egypte», note le voyagiste allemand ITS, qui conclut: «C’est fini pour maintenant, bien que ce soit un merveilleux pays».
L’Association des tour-opérateurs italiens (Atoi) a décidé de définir une ligne de conduite: suspendre les départs pour «l’Egypte classique» (les croisières sur le Nil en particulier), tout en maintenant les séjours sur la mer Rouge. Tous ne respectent cependant pas la recommandation, comme le voyagiste Tourisanda, qui signale une baisse de 60% des réservations pour décembre sur «l’Egypte classique».
Le ministère des Affaires étrangères italien communique sur une ligne téléphonique spéciale les zones à risques et recommande aux touristes d’adopter un comportement conforme à la culture du pays.
En Grande-Bretagne, le premier producteur de voyages Thomson a opté pour la sécurité. Tous ses circuits vers l’Egypte sont annulés pour la saison d’hiver qui court jusqu’à fin avril.
Son homologue Thomas Cook n’a annulé aucun voyage, mais reconnaît qu’un quart de réservations ont été annulées. «Nous proposons toujours aux touristes la destination de Louxor et c’est à eux de décider s’ils descendent à terre, lorsque leur bateau arrive à Louxor», indique un porte-parole.
En Suisse, pays le plus touché par l’attentat de Louxor avec 35 morts, ni le gouvernement ni les agences de voyages ne sont convaincus par les mesures de sécurité du Caire et l’Egypte reste rayée de la carte des destinations touristiques des Suisses.
Des centaines de touristes suisses avaient été rapatriés d’urgence après la tuerie. Des obsèques nationales ont été organisées dans la cathédrale de Zurich. Malgré tout, certains Suisses bravent l’opinion dominante.
La désertion de l’Egypte reste d’actualité en France, où le syndicat des agences de voyages (Snav) recommande toujours d’éviter le pays. Havas Voyages, le premier réseau d’agences du pays, applique ce principe à la lettre. Néanmoins le groupe hôtelier français Accor n’a pas fermé ses établissements et le Club Méditerranée doit rouvrir les siens la semaine prochaine.
Les deux principaux tour-opérateurs de Belgique opérant sur l’Egypte ont également décidé de reprendre prochainement leur activité. Un représentant d’AT, une compagnie des vols charters belges, s’inquiète néanmoins des lourdes conséquences financières de l’attentat. «Il est pratiquement impossible de trouver des alternatives à la destination Egypte cet hiver», explique-t-il.
En Suède, les départs pour l’Egypte, et particulièrement les voyages organisés «sont pratiquement nuls» depuis l’attentat de Louxor, selon plusieurs voyagistes. Le ministère des Affaires étrangères de Norvège «déconseille officieusement» la destination à ses ressortissants. Et au Danemark, un seul tour-opérateur, Stjernegaard Rejser, a maintenu sa programmation. (AFP)

