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Actualités - Chronologie

Corée du sud : jeudi noir pour les marchés

Les marchés sud-coréens ont connu jeudi une nouvelle déconvenue qui semble sceller l’échec des efforts de Séoul pour rétablir la confiance des investisseurs étrangers. Les transactions sur les changes ont à nouveau été suspendues quatre minutes après l’ouverture du marché, le won ayant plongé de 10% — sa limite de fluctuation autorisée — à 1.719,8 pour un dollar. Depuis le début de l’année, la devise sud-coréenne a perdu 51% de sa valeur face au dollar.
La Bourse de Séoul a pour sa part clôturé en baisse de 22,48 points (5,62%) à 377,37, se rapprochant du plus bas de l’année de 356,82 touché le 3 décembre. Ce nouveau recul de la Bourse est d’autant plus cruel que le gouvernement a avancé à jeudi, au lieu de lundi prochain, l’ouverture du marché aux investisseurs étrangers qui peuvent désormais détenir 50% d’une entreprise sud-coréenne, contre un plafond de 26% précédemment.
Le président Kim Young-sam a présenté ses excuses jeudi pour la deuxième fois en un mois, affirmant lors d’une allocution télévisée qu’en tant que chef de l’Etat il se sentait «profondément responsable de la situation économique actuelle». Mais ses propos ont laissé de marbre un marché de plus en plus irrité par le comportement des autorités.
«La politique du gouvernement a perdu toute consistance», estime ainsi Kim Wan-hee, de la société de Bourse Dongsuh Securities.
La décision du ministère des Finances d’avancer de quatre jours l’ouverture du marché aux investisseurs étrangers a été accueillie avec cynisme. «C’est une nouvelle blague coréenne. Le gouvernement dit au monde entier qu’il n’a plus un seul dollar dans ses coffres», juge un courtier de Daewoo Securities.

Cercle vicieux

«Il n’y a pratiquement pas eu d’ordres d’achat à la Bourse», commente un autre courtier. «comment un non-résident pourrait-il être tenté d’acheter? S’il achète des actions sud-coréennes aujourd’hui, il risque de perdre 10% demain sur les changes».
«L’énorme facteur risque de la devise coréenne fait fuir même les investisseurs les plus hardis», note Oh Yon-suk, de Hannuri Investment & Securities.
«C’est un massacre, même le président de ce pays est impuissant», déplore un autre courtier.
«Si le gouvernement ne fait rien pour le marché, le dollar atteindra les 2.000 (wons) lundi», prédit un cambiste d’une banque étrangère. «Et il n’a plus de munitions».
«La situation a empiré», convient l’économiste Lee In-hyung, de LG Economic Research Institute. «Il faut que le won se stabilise, que les risques de faillites d’entreprises s’atténuent et que le papier sud-coréen se comporte mieux à l’étranger. Pour l’instant rien de tout cela n’est en train de se passer».
Les notations de la dette sud-coréenne sont abaissées presque quotidiennement, entretenant la défiance des investisseurs étrangers. De nouveaux déclassements ont encore été annoncés jeudi par les agences américaines Moody’s et Standard and Poor’s.
Sur le marché, les courtiers parlent de cercle vicieux où la crise du won détourne les investisseurs d’une Bourse bon marché et aujourd’hui ouverte. «Tant que le won ne se sera pas redressé, l’argent ne viendra pas», résume Wang Jang-sik, courtier chez Shin Young Securities. (Reuters)
Les marchés sud-coréens ont connu jeudi une nouvelle déconvenue qui semble sceller l’échec des efforts de Séoul pour rétablir la confiance des investisseurs étrangers. Les transactions sur les changes ont à nouveau été suspendues quatre minutes après l’ouverture du marché, le won ayant plongé de 10% — sa limite de fluctuation autorisée — à 1.719,8 pour un dollar. Depuis le début de l’année, la devise sud-coréenne a perdu 51% de sa valeur face au dollar.La Bourse de Séoul a pour sa part clôturé en baisse de 22,48 points (5,62%) à 377,37, se rapprochant du plus bas de l’année de 356,82 touché le 3 décembre. Ce nouveau recul de la Bourse est d’autant plus cruel que le gouvernement a avancé à jeudi, au lieu de lundi prochain, l’ouverture du marché aux investisseurs étrangers qui peuvent désormais...