Dominés par ces mêmes All Blacks (25-8) il y a deux semaines, puis par les Springboks (29-11) samedi dernier, les Anglais ont eu le courage de rester fidèles à leurs options tactiques résolument offensives. Et cette fois la chance a souri aux audacieux.
Après avoir compté 14 points d’avance à la pause (23-9), puis s’être trouvés à la limite de l’effondrement à un quart d’heure de la fin, Lawrence Dallaglio et ses camarades ont réussi à revenir au niveau des Néo-Zélandais. Un exploit qui en dit long sur les qualités morales d’une équipe qui, physiquement, est parvenue cette fois à conserver suffisamment de carburant.
Car leurs réserves d’énergie, les Anglais ont semblé en péril de les avoir brûlées en totalité après un premier quart d’heure explosif. Comme lors de leurs dernières sorties, ils osèrent donc défier les All Blacks au large.
Dès la cinquième minute, Rees relançait un mauvais dégagement de Mehrtens, lobait Lomu d’un petit coup de pied et résistait au retour de Bunce pour marquer en coin. Quatre minutes plus tard, c’était au tour d’Healey de s’échapper puis de servir Greenwood qui offrait à Hill le deuxième essai.
Les Blacks à reculons
Les All Blacks réagissaient et réduisaient le score sur une pénalité de Mehrtens. Mais les Anglais restaient sur leur nuage et sur une attaque néo-zélandaise stoppée net par De Glanville, Dallaglio poussait le ballon au pied et devançait Lomu dans l’en but. Grayson ajoutait une pénalité. Les Anglais avaient pris le large.
Obligés de jouer à reculons, les Néo-Zélandais multipliaient les approximations et la troisième ligne anglaise réalisait des prodiges en défense, comme sur cette superbe échappée de Cullen relayée par Hewitt ou sur cette percée de Little enrayée à un mètre de la ligne.
Les quinze dernières minutes de la première mi-temps étaient néo-zélandaises, mais Wilson se voyait refuser un essai pour un léger en avant de Randell et Grayson passait une pénalité qui permettait aux Anglais de rentrer aux vestiaires avec 14 points de crédit.
Les All Blacks sortaient survoltés du tunnel de Twicheham et Mehrtens les replaçait à portée des Anglais en concluant au pied des poteaux un pilonnage de son pack. L’ouvreur de Canterbury ajoutait ensuite une pénalité. L’Angleterre était au bord de la rupture mais Randell et Marshall gâchaient deux occasions de la faire exploser.
Les Anglais répliquaient à l’offensive par l’offensive et la qualité du jeu atteignait des sommets. L’asphyxie les guettait pourtant et à 17 minutes de la fin Little s’enfonçait dans le fermé et donnait enfin l’avantage aux Néo-Zélandais. Mais les Anglais finissaient comme ils avaient commencé et égalisaient.
La suite, c’était un sauvetage héroïque de Healey sur Cullen, un dernier effort de Dallaglio et un stade de Twickenham qui passait de l’apoplexie au bonheur complet.
Les Springboks au
sommet de leur art
Le XV d’Afrique du Sud a confirmé son retour au sommet de la hiérarchie mondiale, en administrant une correction sans précédent (68-10) à une équipe d’Ecosse totalement dépassée par la vitesse et la puissance athlétique de son adversaire, samedi à Murrayfield.
Tandis que les All Blacks étaient tenus en échec par les Anglais à Twickenham (26-26), les Springboks ont envoyé un message clair à leurs grandes rivaux de l’hémisphère sud. Après avoir subi pendant deux ans la domination des hommes de John Hart, Teichman et ses camarades sont désormais prêts à contester leur suprématie.


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