Non seulement Internet offre les moyens aux pornographes et extrémistes en tous genres de diffuser images salaces et propagande, mais il les met virtuellement à l’abri des poursuites en leur permettant d’arroser le reste du monde depuis les pays qui les tolèrent.
Internet viole le sanctuaire des lois et des frontières nationales. Le réseau informatique mondial transgresse les règles de morale jusque dans les familles, en mettant à la portée de tous une information débridée.
«Il existe un sentiment d’anxiété face à la vitesse à laquelle cette technologie évolue, une peur de l’inconnu qui retient les gens», souligne John Carson, du Centre national américain d’information légale pour les familles.
«En fait, ajoute M. Carson, Internet n’est pas cette terrifiante incarnation du mal», que répercutent de nombreux médias, se focalisant sur les aspects négatifs du réseau. «Mais ce n’est pas non plus tout rose et merveilleux», comme le voudrait l’enthousiaste marketing des constructeurs informatiques, fournisseurs d’accès et éditeurs en ligne.
Pour Steve Case, le PDG du service en ligne America Online (10 millions d’abonnés), Internet suscite une réaction similaire à celle des autres technologies qui ont bouleversé les communications.
«Lorsque le téléphone a été inventé, il y a un siècle, on a dit que ce serait la fin de l’écrit. Lorsque la télévision est apparue dans les foyers, dans les années 60, on a dit que c’était la fin du dialogue familial», rappelait récemment M. Case. «Aujourd’hui, on dit qu’Internet signifie la fin des valeurs morales».
«Il ne fait aucun doute qu’ils (extrémistes et pornographes) se connectent au réseau, qu’ils essaiment leur message en toute liberté, parfois en se dissimulant derrière des façades avenantes», reconnaît Kathryn Montgomery, responsable d’une association de parents et enseignants autour d’Internet, The Children Partnership.
Une approche active
Mais «c’est à nous tous, associations, entreprises et universitaires, de participer activement à la création d’un contenu positif», affirme-t-elle.
Des 50 à 70 millions de personnes qui, dans le monde, ont choisi de se connecter au réseau, une majorité semble soutenir une approche active.
Un sondage du magazine américain Family PC, paru dans le numéro de décembre, montre que 68% des parents qui disposent d’un ordinateur relié à Internet sont inquiets de «l’exposition des enfants à un contenu sexuel». 67% craignent l’invasion de leur vie privée par les technologies de marketing personnalisé, auxquelles les enfants sont particulièrement vulnérables.
Leur réponse: 78% «savent toujours ce que leurs enfants font en ligne». Seulement 26% ont recours aux filtres de protection des fournisseurs d’accès à Internet et 4% ont installé sur leur PC un logiciel qui bloque l’accès aux sites jugés indésirables.
Autre exemple de prise en charge des «citoyens d’Internet»: l’été dernier, les sites Web de la coalition séparatiste basque Herri Batasuna (bras politique de l’organisation armée ETA) ont été mis hors d’usage par les utilisateurs du réseau indignés par l’assassinat par l’ETA d’un jeune conseiller municipal.
Des milliers d’internautes avaient inondé ces sites d’effigies de mains blanches, le symbole des pacifistes anti-ETA, ce qui avait entraîné leur fermeture.
Pour David Post, de l’Université de droit Georgetown, ce type d’attitude finira par prévaloir, jusqu’à susciter l’émergence d’une «fédération de communautés en ligne» qui ne dépendraient pas des frontières géographiques mais d’intérêts et de valeurs partagés. (AFP)


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