Les pays les plus pauvres, qui sont les moins bien armés pour contrer cette évolution, sont en première ligne.
Bien que des incertitudes subsistent, ces scénarios inquiétants ne relèvent pas de la fiction. Ils ont été établis par un panel de plus de 4.000 experts de 120 pays — scientifiques et économistes — qui composent le Groupe intergouvernemental d’évaluation du climat. Le même groupe vient d’achever une deuxième étude, sur les impacts du réchauffement par continent.
Selon le GIEC, le réchauffement sera «vraisemblablement le plus important jamais enregistré au cours des 10.000 dernières années». Une trop forte concentration des gaz à effet de serre provoquée par la combustion des énergies fossiles qui dégagent du gaz carbonique (CO2) aura une série d’impacts, d’autant plus graves que la planète sera au moins deux fois plus peuplée à la fin du XXIe siècle.
Les principaux sont:
— une augmentation des températures de 1 à 3,5 degrés avec «scénario moyen» de + 2 degrés,
— une forte hausse du niveau de la mer — de 15 à 95 centimètres avec un scénario «moyen» de 50 cm,
— des risques accrus de sécheresse et d’inondation.
Le réchauffement des températures entraînera une forte augmentation du niveau de la mer provoquée principalement par la fonte des glaciers. Il y aura des risques d’infiltration d’eau salée dans les nappes phréatiques.
La hausse des températures provoquera également des «cycles hydrologiques plus vigoureux» qui se traduiront par des risques d’inondations et de sécheresses plus sévères.
Augmentation des
précipitations
Cette évolution sera liée en particulier à «une augmentation de l’intensité des précipitations» et à une évaporation plus importante. Des inondations catastrophiques mettraient en péril quelque 100 millions d’habitants de la planète. La famine et la pauvreté augmenteraient encore parmi les plus pauvres, spécialement en Afrique où la désertification s’accentuerait.
L’effet de serre a déjà provoqué un net réchauffement de la Terre. Depuis la fin du siècle dernier, les températures ont cru entre 0,3 et 0,6 degrés et le niveau des océans s’est élevé de 10 à 25 cm.
Les dernières années ont été «parmi les plus chaudes depuis 1880». Après un ralentissement (inexpliqué) au début des années 1990, les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère ont recommencé à croître en 1994-95, pour atteindre «actuellement» des niveaux de croissance «comparables» à deux des années 80.
1995 a été l’année la plus chaude du siècle et 1997 serait en passe de la rejoindre.
Le GIEC a redit à Kyoto sa conviction qu’il existe «une influence humaine perceptible sur le climat mondial». (AFP)


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