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Actualités - Chronologie

La longue marche de la Serbie vers son intégration internationale

Quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle de dimanche, la Serbie, minée par une crise politique, économique et sociale, n’est pas près de sortir de son isolement international.
Deux ans après la signature des accords de paix de Dayton, l’Europe comme les Etats-Unis considèrent que la Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro) de Slobodan Milosevic ne respecte pas ses engagements dans leur intégralité.
Néanmoins, aucun des candidats à la présidence n’a évoqué durant sa campagne des mesures concrètes pour une intégration rapide de la RFY aux organisations internationales ou susceptibles de lui procurer une aide indispensable à la relance de son économie.
Milan Milutinovic, candidat du Parti socialiste de M. Milosevic, a eu beau répéter que «le monde a besoin de nous comme nous avons besoin du monde». Ses déclarations à l’emporte-pièce sur le Kosovo — «une question qui ne regarde que nous» ou sur les criminels de guerre présumés — «il est hors de question de livrer qui que ce soit au TPI» — sont à l’opposé de ce que la communauté internationale attend de Belgrade.
L’Union européenne a regretté en novembre «qu’aucun progrès n’a pu être enregistré sur la voie d’un large degré d’autonomie pour le Kosovo à l’intérieur des frontières de la RFY». L’UE estime que «la RFY ne s’est pas encore engagée suffisamment dans la voie des réformes démocratiques, du respect des droits de l’Homme et des minorités».
Plus récemment, Paris et Bonn ont appelé M. Milosevic à engager des négociations avec les Albanais du Kosovo, en présence d’une tierce partie, et ont demandé l’octroi d’un «statut spécial» à cette province.
Belgrade, par la voix de M. Milutinovic, a rejeté cette initiative en la qualifiant d’«ingérence inacceptable» dans ses affaires.
Paris et Bonn ont pourtant évoqué une série de mesures en contrepartie d’éventuels progrès au Kosovo: établissement de relations diplomatiques normales entre l’UE et la RFY, soutien à la candidature de la RFY l’OSCE, reconduction par l’UE des mesures commerciales au profit de la RFY et, à terme, pleine intégration internationale de la RFY.

Redressement dans
la sagesse

Le leader ultra-nationaliste Vojislav Seselj, arrivé en tête du scrutin invalidé du 5 octobre, n’hésite pas à dire qu’il n’a «rien à faire de ce que pensent les puissances occidentales». Cet ancien chef de milice déclare «attendre la première opportunité historique» pour reconquérir les territoires de Croatie jadis contrôlés par les sécessionnistes serbes.
Vuk Draskovic, candidat de la droite nationaliste et royaliste, plaide pour «le redressement de la Serbie dans la sagesse» et le respect des accords de Dayton, avec pour objectif l’admission d’ici cinq ans de la RFY à l’UE.
Celui qui avait animé pendant trois mois l’hiver dernier de gigantesques manifestations anti-Milosevic se dit favorable à un dialogue avec les Albanais du Kosovo mais exclut toute forme d’autonomie pour la province. Il se contente de promettre, s’il est élu, de «coopérer pleinement» avec le Tribunal pénal international (TPI) pour les crimes de guerre dans l’ex-Yougoslavie.
La présidentielle se déroule sur fond de crise, les institutions fonctionnent au ralenti, la Serbie est sans gouvernement deux mois et demi après des législatives et Belgrade n’a toujours pas de maire pour remplacer le démocrate Zoran Djindjic limogé fin septembre.
Les relations entre la Serbie et le Monténégro sont plus tendues que jamais, les attentats se multiplient au Kosovo, le niveau de vie demeure très bas avec un salaire moyen de 180 dollars et la balance commerciale yougoslave accuse cette année un déficit de 2 milliards de dollars.
Dans ces conditions, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre en 2005 le niveau de développement de la Serbie d’il y a sept ans, avant la désintégration dans le sang de l’ex-fédération. (AFP)
Quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle de dimanche, la Serbie, minée par une crise politique, économique et sociale, n’est pas près de sortir de son isolement international.Deux ans après la signature des accords de paix de Dayton, l’Europe comme les Etats-Unis considèrent que la Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro) de Slobodan Milosevic ne respecte pas ses engagements dans leur intégralité.Néanmoins, aucun des candidats à la présidence n’a évoqué durant sa campagne des mesures concrètes pour une intégration rapide de la RFY aux organisations internationales ou susceptibles de lui procurer une aide indispensable à la relance de son économie.Milan Milutinovic, candidat du Parti socialiste de M. Milosevic, a eu beau répéter que «le monde a besoin de nous comme nous avons besoin du...