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Actualités - Chronologie

L'UNICEF mise sur les femmes

Elles s’appellent Nafissa, Arziki ou Baraka. L’UNICEF a misé sur ces femmes nigériennes pour sortir leurs villages de l’ignorance et du sous-développement.
Dans un large boubou qui laisse entrevoir ses belles épaules arrondies, Nafissa, sage-femme à Dan Issa, veille avec chaleur sur tous les ventres proéminents — et féminins — de sa région.
Arziki, yeux noisette, sillonne sans relâche les 75 villages de son secteur pour entraîner les Cellules villageoises d’animation (CVA) où l’on parle hygiène, vaccination ou scolarisation des filles.
Baraka, les mains calleuses et marquées d’une boule entre le pouce et l’index — la trace du pilon—, a appris à lire et écrire en haoussa et conseille maintenant ses «sœurs» en nutrition.
Koulou, encore gênée de prendre la parole devant des étrangers, a pu monter son petit commerce de beignets et de galettes, grâce à un micro-crédit de 15.000 F CFA (150 FF), qui lui a permis d’acheter sac de mil, huile et casserole...
Corvées d’eau — les canaris remplis qu’elles portent sans faiblesse sur la tête pendant des kilomètres ne pèsent pas moins de 27 kg —, et de bois de chauffe, pilage du mil... Dans les zones rurales nigériennes, la femme travaille en moyenne 17 heures par jour.
«Ce sont de vraies bêtes de somme», commente une élégante de la capitale.
Dans le cadre d’un «Programme intégré des services de base» d’Aguié, arrondissement situé à environ 700 kilomètres à l’est de Niamey, l’UNICEF a d’abord cherché à alléger les tâches des femmes en mettant à leur disposition des charrettes, en installant des pompes à eau, des moulins à grains, des décortiqueuses.
«Maintenant, j’ai presque de belles mains», confie une villageoise, qui a troqué son mortier pour le moulin.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a également favorisé l’alphabétisation en langue haoussa des femmes (31 centres ont été créés dans le seul arrondissement d’Aguié), ainsi d’ailleurs que celle des hommes (21 centres ouverts dans la même zone).
Pour les plus avancées, des «bibliothèques villageoises», en fait quelques livres en haoussa édités au Nigeria voisin, ont été créées.
Les villageoises se sont également vu fournir les moyens de gagner leurs propres revenus.
Ici, une «fontainière» recueille le paiement de la pompe à eau, là, un groupe de femmes a reçu plusieurs têtes d’ovins dont les petits reviennent à la communauté.
«L’embouche ovine et bovine» a été proposée à 1.200 femmes. «J’ai reçu 15.000 F et acheté un mouton, du son et de la paille», explique l’une d’entre elles lors d’une grande réunion sous l’arbre à palabres, devant le chef du village.
«Après cinq mois, je l’ai revendu 50.000 F. J’ai remboursé mon crédit et acheté des pagnes pour moi et mes enfants. Dans ma famille, tout le monde a eu quelque chose», explique-t-elle sous les applaudissements.
Cet investissement initial a été rendu possible grâce aux micro-crédits, à 10% d’intérêt, remboursables sur 9 mois.
L’intérêt ainsi que l’épargne obligatoire sont versés dans une caisse commune qui servira à d’autres investissements.
«Mon mari est très content, j’occupe une fonction», explique Koulou.
Mais les traditions peu favorables aux femmes restent tenaces. Comme l’explique Prosper Nyandagazi, chargé du programme Nutrition à l’UNICEF, «la femme prépare le plat. L’homme, servi en premier, mange à sa faim, prend les meilleurs morceaux. Viennent ensuite ses fils. Les restes vont aux petites filles et à leurs mamans». (AFP)
Elles s’appellent Nafissa, Arziki ou Baraka. L’UNICEF a misé sur ces femmes nigériennes pour sortir leurs villages de l’ignorance et du sous-développement.Dans un large boubou qui laisse entrevoir ses belles épaules arrondies, Nafissa, sage-femme à Dan Issa, veille avec chaleur sur tous les ventres proéminents — et féminins — de sa région.Arziki, yeux noisette, sillonne sans relâche les 75 villages de son secteur pour entraîner les Cellules villageoises d’animation (CVA) où l’on parle hygiène, vaccination ou scolarisation des filles.Baraka, les mains calleuses et marquées d’une boule entre le pouce et l’index — la trace du pilon—, a appris à lire et écrire en haoussa et conseille maintenant ses «sœurs» en nutrition.Koulou, encore gênée de prendre la parole devant des étrangers, a pu monter son...