Dans les milieux gouvernementaux, on s’est efforcé hier de présenter la réunion du Conseil des ministres comme devant être marquée par «l’entente» entre les trois présidents. Cette entente porterait aussi, à en croire ces milieux, sur l’emprunt de 2 milliards de dollars, dans des conditions particulières, que le gouvernement entend contracter auprès de marchés de capitaux étrangers (et non pas d’Etat), afin de remplacer une partie de ses dettes internes et de payer un taux d’intérêt inférieur à celui que l’Etat paie sur la livre. M. Hariri, prévoit-on, s’adressera aujourd’hui à l’opinion publique, en des termes simples, après le Conseil des ministres.
L’Etat a recours à ces mesures pour réduire sa dette, dont le service équivaut à 45% du budget de 1998, et maintenir le déficit budgétaire à un taux raisonnable de 37,5%, alors qu’il devrait atteindre cette année 60%, rappelle-t-on. Ce déficit est largement dû à une gestion cavalière des affaires publiques, qui a laissé la porte grande ouverte au gaspillage.
Pour renflouer le Trésor, le cabinet Hariri prévoyait d’imposer, dans le cadre de sa politique d’assainissement, une taxe de 1% sur les chiffres d’affaires et les ventes, quelles qu’elles soient. Toutefois, M. Berry s’oppose à cette taxe indirecte, assure-t-on.
le chef du gouvernement, M. Rafic Hariri, s’est entretenu hier avec le président de l’Assemblée, M. Nabih Berry, au sujet des mesures qui font l’unanimité en Conseil des ministres, et de celles qui ne la font pas. Parmi ces dernières, l’abrogation des indemnités spéciales octroyées aux agents des forces armées, par l’état d’alerte numéro 4. M. Hariri a reçu hier le commandant en chef de l’armée, le général Emile Lahoud, avec lequel il a examiné les mesures d’austérité susceptibles de toucher les forces armées. les coupes budgétaires ne devraient pas se répercuter sur le moral de la troupe et éloigner les éléments de valeur du métier militaire, convient-on dans les milieux gouvernementaux.
La MEA et l’Intra
Par ailleurs, selon certaines sources, la rencontre Hariri-Berry aurait servi à dissiper un début de malaise, consécutif à la crise de la MEA, et à ses répercussions sur deux autres sociétés dans lesquelles la Banque du Liban est actionnaire: la société financière Intra et le Casino du Liban.
Le gouverneur de la BDL, M. Riad Salamé, a demandé aux conseils d’administration de ces deux sociétés des relevés de comptes, et a demandé à leurs assemblées générales respectives de ne pas se réunir, avant qu’une vérification des comptes de ces deux sociétés n’ait été accomplie.
Quoi qu’il en soit, la réunion du Conseil des ministres, qui se tiendra à Baabda, sera précédée d’une rencontre entre le chef de l’Etat et M. Berry, assure-t-on, ce qui confirme que ce «conseil présidentiel» anticonstitutionnel appelé «tröika du pouvoir», est bien ressuscité, et est devenu «le plus court chemin d’une institution à une autre», au détriment du jeu normal des institutions.
Par ailleurs, le Conseil des ministres examinera des points inscrits à son ordre du jour, comme la loi sur les loyers; mais celle-ci, apprend-on, ne serait pas approuvée aujurd’hui. Par contre le gouvernement pourrait proroger d’un an le mandat du général Rafic Hassan, directeur général des FSI, en attendant une refonte de la loi sur les Forces de sécurité intérieure souhaitée par le chef du gouvernement.


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