Au Palais des Congrès appelé à recevoir 1.500 journalistes, les volontaires du comité d’organisation français (CFO) s’activent aux ultimes détails.
Ils seront 750, encadrés par 120 permanents du CFO, à œuvrer le jour du tirage au sort. A Marseille, leur moyenne d’âge est de 32 ans et un bénévole sur quatre est une femme.
On retrouve trois fois plus de demandeurs d’emploi et deux fois plus d’étudiants sur le site marseillais que sur les autres sites du Mondial.
«Cela fera une ligne supplémentaire sur mon curriculum vitae», explique Laurent, 22 ans, au chômage depuis plus d’un an.
«Le plus important est finalement d’intégrer une cellule de travail même si ce n’est que temporaire. Pendant ce temps, au moins, on ne gamberge pas».
A la Castellane, dans les quartiers nords de la ville, on s’apprête aussi à participer à l’événement.
Fief de Zinédine Zidane qui ne manque aucune occasion de venir saluer «ses potes», les jeunes de la cité ont reçu leur quote-part des places réservées aux populations des quartiers défavorisés.
«C’est le centre social qui les a distribuées. C’est chouette d’être de la fête», se réjouit Nasser, 16 ans.
23.000 jeunes attendus
Entre les murs de béton de la cité, le marché noir a fait son apparition.
«Certains viennent de loin et n’hésitent pas à payer cher pour obtenir le précieux sésame», ajoute-t-il.
L’attribution des 38.000 places a été le premier obstacle auquel ont dû faire face les organisateurs.
«Un stade de 60.000 places n’aurait de toute manière pas suffi pour faire face à toutes les demandes», regrette Jean-Louis Génovési, directeur CFO du site marseillais.
«C’est l’enfer! Les gens ne comprennent pas pourquoi l’accès est limité pour un événement organisé dans leur ville», renchérit Robert Villant, adjoint aux sports.
En tout, 23.000 jeunes sont attendus le 4 décembre dont une large part issue du mouvement sportif (7.500 places) et des cités défavorisées (7.500 places). Huit mille places ont également été offertes aux supporters de l’OM.
Face à la limitation des places, le mouvement sportif a ouvertement manifesté son mécontentement, craignant que «la foire commerciale ne prenne le pas sur la fête sportive».
«On a oublié tous ceux qui font le sport au quotidien», estime André Giraud, président du comité olympique départemental.
Conscient de l’ampleur de la grogne, la municipalité a organisé, en toute hâte, la retransmission en direct de la cérémonie du tirage sur un écran géant installé sur le Vieux-Port.
Autres mécontents, les traminots marseillais CGT et FO ont déposé un préavis de grève pour la journée du 4 décembre.
Inutile de préciser que la date n’a pas été choisie au hasard», explique un syndicaliste cégétiste. «On verra ainsi à Pékin les traminots marseillais faire grève».
La direction de la RTM (régie des transports de Marseille) parle pour sa part de «chantage et de provocation». Une rencontre était programmée lundi pour tenter de débloquer la situation.
«Dans tous les cas, on résoudra le problème même s’il faut faire appel à des transporteurs privés», assure un haut responsable de la mairie.
La crainte du mistral
L’enjeu est en effet d’importance car 385 bus et 4.000 véhicules légers vont se presser jeudi aux abords du stade Vélodrome.
Un plan exceptionnel de circulation a donc été mis en place par les responsables de la sécurité. Les cars venant de l’extérieur seront ainsi regroupés sur l’aire autoroutière de Peypin, à une vingtaine de kilomètres de Marseille, puis acheminés en convoi jusqu’au stade.
Quatre écoles primaires situées dans le périmètre de sécurité demeureront fermées le jour du tirage.
Des festivités programmées à la veille du tirage au sort complètent ce copieux menu. S’associant aux «semailles de l’espérance», une tradition locale au service des enfants hospitalisés, la mairie a ainsi organisé un «spectacle-événement» autour de 2.000 enfants âgés de 10 à 13 ans.
«Tout sera parfait à condition que le mistral ne s’invite pas», explique le concepteur de la fête. «Nettoyeur du ciel provençal, il pourrait vite se transformer en fossoyeur de nos cérémonies».
Le staff du CFO nourrit les mêmes inquiétudes pour le tirage du sort, au point de nommer «un chef de projet météo» chargé de prévenir les caprices d’Eole.
«Sa vitesse ne doit pas excéder les 60 km/h. Au-delà, c’est l’angoisse», dit-il. Une solution de repli a, par prudence, été prévue. (Reuters)


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