«Si le succès des Eglises fait que les personnes se plient aux croyances, aux valeurs religieuses: tu ne tueras point, tu ne voleras point… Cela est bon pour la société», a jugé Fidel Castro dont les propos ont été rapportés par Raul Suarez, député au Parlement cubain et ancien président du Conseil œcuménique cubain.
A deux mois de la visite à Cuba du pape Jean-Paul II, prévue du 21 au 25 janvier prochain, il s’agissait de la troisième rencontre du «commandant en chef» avec les chefs des Eglises protestantes depuis 1984, et la première depuis 1992 lorsque la Constitution de l’Etat cubain était passée d’un athéisme militant à une neutralité laïque.
La prochaine visite papale a été évoquée lors de cette réunion au Palais de la révolution, à La Havane, par Fidel Castro ainsi que par les représentants de la religion juive et de 31 des 54 Eglises protestantes de Cuba. Le vice-président cubain Carlos Lage était également présent.
«Les deux parties ont indiqué désirer le plus grand succès pour la visite: il n’y a pas d’inquiétude du fait que les gens iront sur les places pour écouter (le pape) Jean-Paul II et il y aura une coopération avec l’Eglise» catholique, a indiqué M. Suarez, l’un des premiers croyants déclarés à occuper un siège à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire (ANPP, Parlement cubain).
La majorité des chefs des Eglises protestantes ont assuré Fidel Castro «voir d’un bon œil la visite du pape, leur désir d’éviter toute manipulation politique, et espérer (qu’elle sera l’occasion) de renforcer les sentiments religieux du peuple».
La rencontre a été qualifiée par M. Suarez de «très franche: personne ne s’est senti intimidé». Les deux parties se sont accordées sur «la nécessité de continuer à travailler pour parvenir à une confiance mutuelle».
Fidel Castro, a rapporté M. Suarez, a rappelé à ses interlocuteurs qu’au début des années 70, «il avait rencontré les chrétiens au Chili et avait évoqué l’alliance stratégique entre chrétiens et marxistes, qu’il n’y a pas à opposer la religion au socialisme, ni le socialisme à la religion».
Le chemin parcouru depuis les deux premières rencontres de 1984 et 1990 dans les relations entre l’Etat et les Eglises a été analysé lors de la réunion.
La possibilité ouverte aux croyants d’adhérer au Parti communiste cubain (PCC, au pouvoir), le caractère laïc et non plus athée de l’Etat et le principe de non-discrimination politique en raison de croyances religieuses ont notamment été salués par les chefs des Eglises protestantes.
Les autorités cubaines ont également permis «la création de 600 nouvelles congrégations (protestantes) au cours des sept dernières années», s’est encore félicité M. Suarez. (AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir