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Actualités - Conferences Internationales

Un défi diplomatique majeur pour le Japon

La conférence de l’ONU pour la réduction de l’effet de serre à Kyoto est devenue un enjeu majeur pour la diplomatie japonaise, à l’affût d’un crédit et d’une autorité politique en rapport avec le poids de son économie dans le monde.

Le pari est loin d’être gagné. Le premier ministre Ryutaro Hashimoto s’est jeté dans la bataille à Vancouver obtenant des 18 pays de l’Apec, «un fort soutien pour le succès» de la conférence. Mais il a reconnu que «les opinions étaient encore très largement divisées quand nous discutons des réductions des émissions de gaz».
Les Etats-Unis qui rejettent dans l’atmosphère près du quart des émissions mondiales de CO2 (5,22 milliards de tonnes en 1995 sur un total de 22,14 milliards, selon l’OCDE), sont restés inflexibles à Vancouver: les pays en voie de développement doivent participer à l’effort général.
«Le temps est limité. Si nous ne parvenons pas à réduire ces divergences, la conférence de Kyoto sera un échec», a averti M. Hashimoto à Vancouver.
Pour essayer de débloquer la question de la participation des pays en voie de développement, le Japon a lancé à Vancouver ce qu’il a baptisé «l’initiative de Kyoto». Le Japon est prêt à offrir les prêts à 0,75% d’intérêt sur 40 ans pour financer les efforts de ces pays en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ou pour réduire leurs dépenses d’énergie.
Il s’agira également de former en cinq ans 3.000 ingénieurs de pays du tiers-monde pour agir sur ces problèmes.

Une proposition
ambitieuse

«Si le protocole de Kyoto peut être signé avec un bon contenu, il marquera son époque. Pour la diplomatie japonaise qui cherche un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est très important», estime Josen Asuka, professeur à l’université Tohoku.
«Si nous réussissons, on se souviendra de Kyoto comme de la ville où les premier pas décisifs ont été pris pour sauver la planète des effets désastreux des changements de climats. Pour y parvenir, du courage politique et de la détermination sont indispensables», avertit Ritt Bjerregaard, Commissaire européen pour l’environnement dans le document introductif sur la position européenne.
En dix jours, diplomates et experts japonais vont devoir convaincre les représentants de 165 pays sur un nécessaire compromis.
Il leur faut aussi compter avec leur propre opinion. «Le Japon conduit la conférence de Kyoto à un échec», estime Mie Aosaka, de l’organisation Kiko Forum qui regroupe 200 ONG japonaises.
«La proposition du gouvernement est trop ambitieuse et serait très difficile à réaliser. Elle suppose le recours à 20 à 23 réacteurs nucléaires supplémentaires d’ici à 2010», explique Hajime Ohta, expert des questions d’environnement du Keidanren, la première centrale patronale japonaise.
Compte tenu de l’opposition des Japonais à la construction de nouvelles centrales, il juge cet objectif non réaliste et souligne que les industriels nippons sont «extrêmement préoccupés». (AFP)
La conférence de l’ONU pour la réduction de l’effet de serre à Kyoto est devenue un enjeu majeur pour la diplomatie japonaise, à l’affût d’un crédit et d’une autorité politique en rapport avec le poids de son économie dans le monde.Le pari est loin d’être gagné. Le premier ministre Ryutaro Hashimoto s’est jeté dans la bataille à Vancouver obtenant des 18 pays de l’Apec, «un fort soutien pour le succès» de la conférence. Mais il a reconnu que «les opinions étaient encore très largement divisées quand nous discutons des réductions des émissions de gaz».Les Etats-Unis qui rejettent dans l’atmosphère près du quart des émissions mondiales de CO2 (5,22 milliards de tonnes en 1995 sur un total de 22,14 milliards, selon l’OCDE), sont restés inflexibles à Vancouver: les pays en voie de...