Premier pollueur de la planète avec le quart des émissions de CO2, l’Amérique du Nord est le continent qui risque de mieux supporter les effets du réchauffement climatique, malgré des risques accrus de tempêtes et de cyclones, selon le rapport des experts du groupe d’évaluation des changements climatiques.
L’Amérique du Sud sera moins bien lotie et le réchauffement risque de dégrader encore l’environnement et d’aggraver la déforestation en Amazonie.
Aux Etats-Unis et au Canada, des impacts aussi bien positifs que négatifs sont attendus sur les écosystèmes. Certaines régions, comme les Grandes plaines et les Prairies, sont spécialement vulnérables. De très fortes chutes de pluie et de graves inondations pourront alterner avec de longues périodes de sécheresse.
Les possibilités d’adaptation sont nombreuses mais risquent d’être freinées par leur coût élevé et des obstacles imprévus.
Plusieurs pays d’Amérique latine — dont l’Equateur, le Brésil, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine — subissent déjà les conséquences socio-économiques du phénomène saisonnier El Nino. Le changement climatique, avec son cortège d’inondations, de sécheresses ou de tempêtes plus fréquentes, devra aussi être pris en compte dans les politiques de planification des récoltes.
La pollution et les fortes concentrations d’ozone au niveau du sol, exacerbées par l’élévation de la température, auront aussi des conséquences sur la santé, surtout dans les villes. Cela augmentera l’exode rural et la migration des populations côtières et aggravera les conflits nationaux et internationaux, estiment les experts.
Tout dépendra de la capacité d’adaptation de chaque région: «La simultanéité de certains événements climatiques, conjuguée à des changements technologiques, socio-économiques ou écologiques, va rendre les réponses appropriées encore plus complexes», selon l’étude.
Les capacités technologiques d’adaptation, permettant d’atténuer l’impact du réchauffement, existent au nord. Beaucoup moins en Amérique latine. Comme Afrique ou en Asie, les pays les plus pauvres seront les plus touchés.
Changements prévus
dans l’Arctique et
l’Antarctique
L’Arctique et l’Antarctique sont deux régions extrêmement vulnérables aux changements climatiques, selon le rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’évaluation des changements climatiques) sur l’impact par région du réchauffement.
Des «changements majeurs physiques et écologiques» sont attendus dans l’Arctique, dont la fonte partielle des glaces, soulignent les experts. Même si la population affectée est peu nombreuse, les communautés locales vont devoir faire face à de profonds bouleversements de leur mode de vie traditionnel.
«Le réchauffement des pôles amènera probablement un accroissement de la production biologique mais peut conduire à des modifications de la faune et de la flore tant terrestres que marines», estiment-ils.
En Antarctique, les effets directs pourront inclure des changements dans les écosystèmes, la fonte des glaces et un dégel du permafrost, le sol perpétuellement gelé. Les effets indirects ne sont pas moins inquiétants: réaction du système climatique, comme des relâchements ultérieurs de gaz à effet de serre, changements dans la circulation océanique, températures plus élevées avec des précipitations plus abondantes, accompagnées de pertes de glace, qui affecteront le climat et le niveau global de la mer.
L’intérieur de l’Antarctique est moins vulnérable car les changements de température attendus au cours du siècle prochain ne devraient avoir qu’un faible impact. Il reste cependant beaucoup d’incertitudes à propos de l’équilibre des glaces dans l’Antarctique et leur comportement futur. Le risque d’une fonte importante existe, mais pas celui d’une désintégration des glaces dès le XXIe siècle, selon le rapport. (AFP)


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