Au moment où M. Netanyahu tente de faire accepter par sa coalition un retrait limité en Cisjordanie, la droite reproche au président Clinton de vouloir le forcer à faire des concessions aux Palestiniens.
En revanche, le chef de l’opposition travailliste Ehud Barak a rendu un vibrant hommage à l’action de M. Clinton et l’a encouragé à continuer pour sauver le processus de paix.
Un proche de M. Netanyahu, le ministre des Sciences, Mikhaïl Eytan, s’est insurgé contre la réception de l’ancien premier ministre travailliste Shimon Pérès, la semaine dernière à la Maison-Blanche, alors que M. Netanyahu, qui se trouvait également aux Etats-Unis, n’avait pu obtenir un rendez-vous avec M. Clinton.
«Il est inconcevable que le président américain ait trouvé tout le temps nécessaire pour Shimon Pérès, le défenseur d’une politique qu’une majorité d’Israéliens rejettent, alors qu’il n’a pas invité le premier ministre élu», a commenté à la radio M. Eytan.
Cette crise des relations s’est traduite par la décision de M. Netanyahu de suspendre les démarches pour obtenir une invitation à Washington au début du mois prochain.
Manque de confiance
Un autre proche de M. Netanyahu, l’ancien ambassadeur d’Israël à Washington Zalman Shoval, a affirmé qu’en exerçant des pressions pour obtenir des concessions d’Israël aux Palestiniens, «l’Administration américaine ne peut que renforcer l’intransigeance des Arabes».
M. Barak a, en revanche, rejeté sur M. Netanyahu toute la responsabilité de la crise dans les relations avec Washington. «Le président Clinton est le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche», a-t-il dit.
Selon le chef de l’opposition, le processus de paix «se trouve dans l’impasse en raison du manque total de confiance qu’inspire M. Netanyahu aux Etats-Unis, aux Palestiniens et à ses propres ministres».
La majorité des commentateurs mettent également en cause M. Netanyahu. Dans son éditorial, le «Yediot Aharonot» (indépendant) déplore la «cassure avec Bill (Clinton), le premier président des Etats-Unis qui considère Israël comme sa deuxième patrie».
«Le président américain ne peut supporter que l’on se moque effrontément de lui, surtout s’il s’agit du premier ministre israélien», souligne le journal.
Le «Haaretz» souligne que «les Arabes ne pouvaient espérer trouver un meilleur saboteur des relations spéciales entre Israël et les Etats-Unis que le premier ministre actuel».
La radio militaire a pour sa part indiqué en citant des «hauts responsables américains» que les États-Unis avaient donné jusqu’à la fin de l’année à M. Netanyahu pour proposer un retrait «significatif» de l’armée israélienne des zones rurales de Cisjordanie, et annoncer un gel de la colonisation dans les territoires palestiniens. (AFP)


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