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Actualités - Reportage

L'exception économique US désarçonne les experts de l'OCDE

L’exception économique américaine, une croissance florissante accompagnée d’un taux de chômage inférieur à 5% et surtout d’une hausse très sage des prix, a désarçonné les experts de l’OCDE, qui récusent néanmoins la théorie d’une «ère nouvelle» marquant la mort de l’inflation.
Dans son dernier rapport sur la situation économique aux Etats-Unis en 1997 et 1998, l’OCDE prévoit, pour l’année prochaine, une hausse de 2,8% du produit intérieur brut (PIB) après 3,8% en 1997, la plus forte hausse depuis 1988.
Le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis 1973 (4,7% en 1998 après 4,9% en 1997) alors que les prix et les salaires restent «étonnamment modérés», note l’OCDE. Les prix à la consommation devraient progresser de 2,4% l’année prochaine contre 2,2% cette année.
«L’interprétation de cet ensemble de résultats sans précédent n’est pas simple», reconnaissent les rédacteurs du rapport.
«De l’avis de certains, l’amélioration de l’économie est d’ordre structurel — une ère nouvelle se profile à l’horizon», explique l’OCDE, qui aborde ainsi l’une des controverses qui secoue le monde des économistes.
Grossièrement résumée, la théorie du «new age» stipule que l’on peut utiliser aujourd’hui plus intensivement les capacités économiques sans pour autant faire grimper indûment les prix, au point que certains ont annoncé la mort de l’inflation.
Elle va à l’encontre de l’idée traditionnellement admise qu’une croissance soutenue, doublée d’un chômage faible, provoque invariablement une hausse des prix parce que la demande est forte et que les revendications salariales s’intensifient, à un moment où la main-d’œuvre se fait plus rare.
L’ère nouvelle serait due, entre autres, aux changements technologiques liés à l’informatique et à l’ouverture toujours plus grande de l’économie et à sa déréglementation, qui oblige les entreprises à serrer leurs prix au maximum pour rester compétitive.
Mais l’OCDE reste sceptique. «Même si certaines de ces évolutions ont joué un rôle, il serait prématuré de tout miser sur elles à ce stade», note l’organisation.
Elle explique en premier lieu la stabilité des prix aux Etats-Unis par la forte hausse du dollar cette année, «qui a beaucoup fait baisser l’inflation».
De plus, l’abondance de l’offre étrangère et la faiblesse des cours mondiaux des produits de base ont également joué leur rôle.
Les coûts de main-d’œuvre pour leur part ont été contenus par une baisse des coûts dans le secteur de la santé «qui pourrait être sans lendemain» et les gains de productivité «n’ont jusqu’à présent pas dépassé de façon convaincante leur tendance à long terme».
L’OCDE estime que la faible revendication salariale s’explique par le fait que le taux de chômage ne s’est inscrit que depuis juin 1996 en-dessous de 5,5%, une période trop courte pour que les travailleurs se rendent compte qu’ils peuvent revendiquer des augmentations salariales.
Pour éviter tout dérapage des prix, l’OCDE propose à la Fed de tenter le pari du philosophe français Pascal sous forme nouvelle et suggère d’augmenter ses taux d’intérêt.
«En conseillant l’adoption d’une telle démarche (de hausse des taux), on est un peu comme le médecin qui prescrit un médicament avant que la maladie — la recrudescence de l’inflation — ne se déclare», explique l’OCDE, ajoutant qu’en cas de dérapage le remède, forcément plus fort, aurait sans doute des effets secondaires.
De toute façon, «si les Etats-Unis devaient connaître une «ère nouvelle» (…) le coût de la stratégie recommandée serait alors relativement limité, étant donné qu’elle ne risquerait guère de compromettre l’expansion dont le dynamisme ne fait pas de doute», souligne l’OCDE. (AFP)
L’exception économique américaine, une croissance florissante accompagnée d’un taux de chômage inférieur à 5% et surtout d’une hausse très sage des prix, a désarçonné les experts de l’OCDE, qui récusent néanmoins la théorie d’une «ère nouvelle» marquant la mort de l’inflation.Dans son dernier rapport sur la situation économique aux Etats-Unis en 1997 et 1998, l’OCDE prévoit, pour l’année prochaine, une hausse de 2,8% du produit intérieur brut (PIB) après 3,8% en 1997, la plus forte hausse depuis 1988.Le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis 1973 (4,7% en 1998 après 4,9% en 1997) alors que les prix et les salaires restent «étonnamment modérés», note l’OCDE. Les prix à la consommation devraient progresser de 2,4% l’année prochaine contre 2,2% cette année.«L’interprétation...