«Fixer un objectif d’inflation pourrait impliquer une coopération plus formelle avec les gouvernements, puisque ceux-ci sont en mesure d’influer sur l’évolution des prix», a-t-il dit dans un discours prononcé lors d’un colloque à Londres et dont le texte a été diffusé à Paris par la Banque de France.
«Fixer un objectif monétaire (...) indique clairement la responsabilité de la Banque centrale vis-à-vis d’évolutions qui ressortent plus directement de son contrôle et correspondrait de ce fait mieux à l’indépendance de la BCE», a ajouté Hervé Hannoun.
«De plus, il est basé sur une information observée, ce qui le rend plus transparent», a-t-il poursuivi.
L’Institut monétaire européen recommande que la BCE utilise des agrégats monétaires, notamment M3, ou un objectif d’inflation comme objectifs intermédiaires pour concourir à son objectif principal de stabilité de prix.
Hervé Hannoun a rappelé que la Bundesbank, depuis 1975, et la Banque de France, depuis 1976, utilisaient les agrégats monétaires.
Si la BCE ne décidait pas d’utiliser ces deux éléments, il lui faudra faire un choix, a dit le sous-gouverneur de la Banque de France, en soulignant toutefois les difficultés de prévoir l’inflation dans le moyen et le long terme.
Un objectif d’inflation s’est avéré utile dans la marche vers la stabilité monétaire dans un pays comme le Royaume-Uni, mais sa mesure d’efficacité dans le temps est relativement brève et «a été réalisée pour l’essentiel dans un contexte de désinflation mondiale», a-t-il dit.
Par ailleurs, il a souligné que, bien qu’elle hérite de la crédibilité des Banques centrales nationales qui y participeront, la BCE ne pourra se targuer au commencement d’aucune performance en matière de respect d’objectif aussi bien d’inflation que d’agrégats monétaires.
«Il lui faudra donc se construire une réputation en portant son attention sur les indicateurs qui reflètent le plus directement le niveau de confiance des investisseurs dans l’euro», a-t-il estimé. Ces indicateurs sont, selon lui, la parité de l’euro et les rendements des taux longs en euro.
«Toute tendance de l’euro à la dépréciation alimenterait une inflation domestique via une hausse des prix à l’importation et, en affectant la confiance des investisseurs, contribuerait à l’apparition d’une prime de risque sur la courbe des taux en euro (...) aussi le taux de change ne peut-il être ignoré», a-t-il poursuivi.
Le taux de change de l’euro, même s’il ne lui est pas assigné d’objectif, «jouera sans nul doute un rôle important comme indicateur dans la conduite de la politique monétaire unique», a souligné Hervé Hannoun.
Se faisant l’écho de déclarations de Jean-Claude Trichet, le sous-gouverneur a estimé que les taux de la future zone euro ne devaient pas être une moyenne de ceux des pays participants mais que les «taux des pays «périphériques» devaient converger progressivement» vers les taux de référence.
(Reuters)


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