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Actualités - Chronologie

Sommet symbolique pour l'emploi à Luxembourg

Le sommet européen de l’emploi à Luxembourg, jeudi et vendredi, sera une réunion doublement symbolique car il sera le premier du genre mais n’apportera que peu de mesures concrètes.
Les dirigeants français avaient souhaité ce sommet entièrement consacré à l’emploi lors du sommet d’Amsterdam, qui avait entériné en juin dernier le pacte de stabilité budgétaire.
Le simple fait que ce sommet de l’emploi ait lieu est donc considéré comme un motif de satisfaction pour le président Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin, qui retrouvent jeudi soir leurs homologues des 14 autres pays pour un dîner de travail surtout consacré à l’élargissement de l’Union.
Mais au-delà de cette victoire largement symbolique, on veut y voir, de source proche du gouvernement, un authentique tournant dans la construction européenne.
On affirme qu’il s’agit du «premier sommet qui refuse le modèle libéral en matière d’emploi» et on se félicite que le projet de déclaration finale ne prône pas, pour la première fois, davantage de flexibilité.
Mais si le mot est absent, n’est-ce pas plutôt parce que, à l’heure où le New Labour de Tony Blair est devenu le modèle de la social-démocratie en Europe, il n’est même plus nécessaire de prêcher les vertus du libéralisme à des gouvernements qui y sont tous plus ou moins convertis?
On reconnaît ainsi, par exemple, de même source, que le volet de la déclaration finale concernant l’organisation du travail offre un cadre assez flou ou assez large pour que chaque gouvernement s’y sente à l’aise, de la France avec sa loi sur les 35 heures à la Grande-Bretagne, qui refuse toute limite du temps de travail: une sorte d’auberge espagnole où chacun reste fidèle à ses recettes.
«L’Europe à Quinze ne peut avancer que sur la base de compromis», admet-on.
Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg, qui assure la présidence de l’Union et a préparé les propositions de lignes directrices pour les politiques de l’emploi des Etats membres en 1998, veut croire à l’importance de l’enjeu.
«C’est le sommet de la dernière chance», dit-il dans une interview publiée jeudi par Le Nouvel Observateur. «Si nous échouons sur l’emploi, nous donnerons raison à ceux qui pensent que l’Europe n’est pas faite pour les travailleurs».
«Ce sommet ne doit pas être celui d’une déréglementation frénétique et sans borne (...). Je ne veux pas que le seul message qui sorte de ce sommet soit d’inviter les Etats membres à organiser un attentat contre le Code du travail. Les salariés ne sont pas les premiers ennemis de l’emploi», ajoute-t-il.

«Flexi- sécurité»

Cependant, s’il ne juge pas nécessaire de pousser l’Europe vers plus de déréglementation, il ne milite pas pour autant en faveur de la défense des acquis sociaux.
«Ce sommet doit prouver que le souci social est aussi important que le souci monétaire», dit-il, en reconnaissant que le volet social a accumulé un sérieux retard sur le monétaire.
Ses «lignes directrices» visent à offrir une activité (formation, emploi, etc.) à chaque jeune chômeur dans un délai de six mois et à chaque chômeur adulte dans un délai d’un an. Les pays de l’Union devraient aussi porter de 10% à 20 ou 25% le taux d’actifs bénéficiant d’une formation.
La plupart des mesures énoncées dans un document visent à stimuler la création d’entreprises, qui restent la clé des créations d’emploi.
Elles visent aussi à développer ce que les Britanniques appellent «l’employabilité», en français «capacité d’insertion professionnelle», pour que les personnes perdant un emploi aient l’espoir d’en trouver un dans un autre secteur d’activité.
Dans une interview au Figaro, le même Jean-Claude Juncker rêve ainsi d’une société où il y aurait «plus de mobilité sans pour autant perdre la sécurité», et propose pour cela le néologisme de «flexi-sécurité».
L’émulation entre pays ou — «stress de convergence», selon l’expression de Juncker — devrait fonctionner aussi bien que pour le passage à la monnaie unique, affirment les dirigeants français, grâce à un système de «surveillance multilatéral» et à la pression des opinions publiques, qui souffrent, elles, le stress des 18 millions de chômeurs.
Plusieurs syndicats semblent prêts à jouer le jeu. (Reuters)


Le sommet européen de l’emploi à Luxembourg, jeudi et vendredi, sera une réunion doublement symbolique car il sera le premier du genre mais n’apportera que peu de mesures concrètes.Les dirigeants français avaient souhaité ce sommet entièrement consacré à l’emploi lors du sommet d’Amsterdam, qui avait entériné en juin dernier le pacte de stabilité budgétaire.Le simple fait que ce sommet de l’emploi ait lieu est donc considéré comme un motif de satisfaction pour le président Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin, qui retrouvent jeudi soir leurs homologues des 14 autres pays pour un dîner de travail surtout consacré à l’élargissement de l’Union.Mais au-delà de cette victoire largement symbolique, on veut y voir, de source proche du gouvernement, un authentique tournant dans la construction...