Le président tchèque Vaclav Havel a lancé samedi un appel urgent et sans précédent à la lutte contre le racisme, ce «démon destructif, dont le danger était sous-estimé» en République tchèque, selon le chef de l’Etat.
Hospitalisé depuis une quinzaine de jours pour une pneumonie et bronchite chronique, Vaclav Havel s’est adressé à ses concitoyens dans un article exclusif, publié samedi dans le grand quotidien pragois Dnes.
Touché par le récent assassinat de l’étudiant soudanais Hassan Elamin Abdelradi, tué samedi dernier à Prague par un skinhead, le président a notamment appelé à des «modifications de la législation, mais surtout à des changements fondamentaux de la pratique de l’exécutif» qui doivent «mettre hors la loi tous les mouvements racistes et xénophobes» existant en République tchèque.
Le président Havel a également exigé de la police tchèque de «trouver la force et le courage pour disperser tout rassemblement (…) qui donne lieu à des manifestations verbales ou autres de racisme».
La justice doit «rapidement poursuivre et punir les délits à motivations racistes ou similaires», a souligné dans son article M. Havel qui a exigé à la même occasion des «poursuites judiciaires imminentes» contre les éditeurs de «toutes les publications présentant des opinion racistes et xénophobes».
«Les hommes politiques, les journalistes, les organisations non gouvernementales, les pédagogues et toutes les personnalités de la vie publique doivent lutter avec beaucoup plus d’énergie contre toute manifestation de la haine collective et contre l’indifférence et les préjugés qui constituent son environnement», selon le président Havel. (AFP)

