sa mitraillette
Le créateur de l’arme automatique la plus populaire et la plus mortelle au monde, le kalachnikov, célébrera les cinquante ans de son invention la semaine prochaine en Afrique du Sud, où ce fusil-mitrailleur a été particulièrement utilisé.
Mikhaïl Kalachnikov, 78 ans, est attendu à Johannesburg le 14 novembre, où il assistera à plusieurs cérémonies avant de se rendre au Cap du 16 au 19 novembre, à l’invitation de Suburban Guns, l’un des plus gros vendeurs d’armes d’Afrique du Sud.
L’inventeur russe, qui n’a perçu aucune commission sur la vente de son invention par l’ex-Union Soviétique tout au long de ces années, vivrait aujourd’hui pauvrement. Cependant, depuis le début de l’année, il a participé à de nombreuses festivités commémoratives dans son pays et dans des Etats voisins.
Depuis 1947, on estime à 70 millions le nombre de kalachnikovs produits et utilisés par les protagonistes des conflits qui ont éclaté dans la deuxième moitié du XXe siècle, particulièrement en Afrique.
Au plus fort des violences politiques durant l’apartheid en Afrique du Sud, les combattants contre ce régime politique utilisaient des imitations de kalachnikovs, grossièrement taillées dans le bois. Ces imitations sont devenues un symbole de la lutte contre la minorité blanche au pouvoir et qui a fait des dizaines de milliers de morts.
Solidité
C’est grâce à sa solidité que le kalachnikov est devenu populaire auprès de la guérilla noire sud-africaine, estime le gérant de Suburban Guns, Fred Tatos.
L’AK-47 était destinée à être utilisée dans les zones de l’ex-URSS marquées par une chaleur intense ou des températures très froides.
Le général de division Jackie Sedibe, la femme la plus gradée de l’armée sud-africaine, évoque le kalachnikov avec attendrissement.
«C’est l’une des armes les plus fiables», explique Mme Sedibe, autrefois membre de l’Umkhonto we Sizwe, l’ancienne branche armée de l’ANC.
«L’AKM (une version dérivée du kalachnikov) possède une crosse rabattable qui le rend très léger, et on peut marcher avec pendant des heures», dit-elle, ajoutant: «C’était une arme sur laquelle on pouvait compter. Même après un séjour dans les rivières, elle faisait feu immédiatement».
Aujourd’hui, l’Afrique du Sud enregistre le taux de criminalité le plus élevé au monde, nourri par des armes et des munitions nombreuses et bon marché. Les fusils automatiques sont souvent vendus dans les rues pour la modeste somme de 40 dollars.
Selon M. Tatos, la plupart des kalachnikovs d’Afrique du Sud ont été introduits dans le pays illégalement, après avoir été utilisés dans l’une ou l’autre des douzaines de guerres civiles qui déchirent l’Afrique australe.
Le porte-parole de la police, Reg Crewe, estime de son côté que la plupart des fusils introduits illégalement en Afrique du Sud viennent du Mozambique et alimentent ainsi les stocks d’armes des malfaiteurs et des syndicats du crime (AFP)


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