Le Caire a rappelé vendredi son ambassadeur à Qatar, M. Mohammad Menissi, à la suite d’une crise entre les deux pays au sujet de la conférence de Doha prévue du 16 au 18 novembre, à laquelle doit participer une délégation israélienne.
«Qatar déplore les propos du président Moubarak qui constituent une atteinte à ses affaires intérieures», a déclaré le porte-parole du ministère qatariote des Affaires étrangères Fawaz al-Attiya lors d’une conférence de presse.
Le président égyptien Hosni Moubarak s’était déclaré mercredi convaincu «qu’il n’y a pas un seul peuple (arabe) désirant que son dirigeant dépêche qui que ce soit à la conférence de Doha. je crois que même le peuple qatariote n’est pas content de la situation».
M. Attiya a souligné que «Qatar n’a pas l’intention de rappeler son ambassadeur au Caire en réponse à la décision égyptienne», mais il a indiqué qu’il n’y avait pas de «contacts directs entre Le Caire et Doha pour calmer la situation».
Il a exprimé l’espoir que l’Egypte participerait à la conférence économique, tout en affirmant que Qatar «respecte la décision de l’Egypte, quelle qu’elle soit et le rôle qu’elle joue dans le monde arabe».
M. Attiya a par ailleurs affirmé qu’il «n’y a pas de relation entre les commentaires de la presse et la position officielle» de Doha. Le chef de la diplomatie égyptienne Amr Moussa a demandé samedi à Qatar de cesser sa campagne de presse hostile à l’égard de l’Egypte, la qualifiant «d’inconvenante».
Les journaux qatariotes ont poursuivi dimanche leurs critiques contre l’Egypte. Dans un éditorial, le rédacteur en chef du quotidien «Al-Watan», proche des autorités, a affirmé à l’intention de l’Egypte: «Nous sommes vos élèves en matière de normalisation des relations avec Israël». L’Egypte est le premier pays arabe à avoir fait la paix avec Israël en 1978.
Le chef de la diplomatie égyptienne avait déclaré qu’il y avait «toujours un grand point d’interrogation sur la nécessité de participer à la conférence de Doha dans la mesure où il n’y a eu jusqu’à présent aucun progrès dans le processus de paix».
«Le Qatar a gelé ses relations avec Israël depuis plus d’un an à la suite du sommet du Caire (juin 1996) (...). Depuis, Qatar n’a accueilli aucune délégation officielle israélienne et les responsables qatariotes n’ont pas rencontré leurs homologues israéliens», a affirmé M. Attiya.


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