«Un conflit armé par accident peut éclater entre avions turcs et grecs. Il existe à tout moment une possibilité de conflit armé parce que les avions procèdent à des opérations d’interception», a dit M. Yilmaz dans l’avion qui l’emmenait en Crète pour participer lundi et mardi à un sommet de huit pays balkaniques, en marge duquel il devait rencontrer en tête-à-tête lundi soir son homologue grec Costas Simitis.
L’armée turque a entamé samedi ses manœuvres militaires baptisées «Kararlilik-97» (Détermination 97) qui se dérouleront jusqu’au 8 novembre en mer Egée et en Méditerranée orientale.
Elle procède également de lundi à jeudi aux manœuvres «Toros-97» dans le nord de Chypre, où les Chypriotes-turcs ont proclamé en 1983 une République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue uniquement par Ankara), et aux alentours de l’île. Les forces terrestres, navales et aériennes turques y participent.
«Le premier objectif de mon entretien avec M. Simitis sera d’empêcher un accident (entre avions turcs et grecs) qui pourrait dégénérer en conflit armé», a précisé M. Yilmaz. «Les Grecs effectuent leurs propres manœuvres dans la zone où nous effectuons nos manœuvres Kararlilik-97», a-t-il ajouté.
Il faisait allusion aux exercices militaires de l’armée grecque, «Parmenion-97», lancés vendredi en mer Egée et dans la région d’Evrons (nord-est), à la frontière turque et qui dureront jusqu’au 6 novembre.
MM. Yilmaz et Simitis devaient se rencontrer lundi à 19h00 (17h00 GMT) en Crète pour tenter d’atténuer la tension qui prévaut depuis une vingtaine de jours entre leurs deux pays.
De son côté, le président chypriote Glavcos Cléridès a remis une lettre au représentant de l’ONU à Chypre Gustav Feissel dans laquelle il s’engage à échanger avec la partie chypriote-turque des informations sur les personnes portées disparues des deux communautés.
A l’issue d’un entretien avec M. Cléridès, M. Feissel a indiqué avoir reçu une lettre dans laquelle le président chypriote-grec se dit «désormais prêt à échanger des informations sur les disparus», comme convenu avec le dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash.
Le représentant de l’ONU a indiqué en outre avoir évoqué avec M. Cléridès la prochaine visite à Nicosie du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, M. Diego Cordovez, prévue le 18 novembre.
M. Cordovez doit effectuer une tournée dans la région pour explorer la volonté de toutes les parties de participer à des négociations ouvertes en vue de réunifier l’île, dont la partie nord est occupée par la Turquie depuis 1974.
M. Denktash a déjà fait savoir qu’il ne se trouverait pas à Chypre lors de la venue de M. Cordovez dans l’île, selon CNA.
Le dirigeant chypriote-turc refuse de participer à des pourparlers intercommunautaires, en attendant la décision de l’Union européenne à la mi-décembre sur le début des négociations sur l’adhésion de Chypre prévues en mars 1998, auxquelles les Chypriotes-turcs et Ankara sont opposés.(AFP)

