Pour la reprise de la saison régulière du championnat américain, les Vancouver Grizzlies ont accueilli les Sacramento Kings, club qui, en juin dernier lors de la traditionnelle «draft», a recruté l’ancien international junior.
Après un été consacré aux relations publiques et aux séances d’entraînement, Olivier Saint-Jean touche à l’Eldorado tant espéré.
Qui aurait parié sur la réussite de cet ancien stagiaire du club d’Evreux, parti forcer sa chance de l’autre côté de l’Atlantique voilà quatre ans?
«Beaucoup de personnes pensaient que je n’arriverais jamais au niveau auquel je suis actuellement», témoignait Saint-Jean en visite à Paris.
L’annonce de son départ vers le système universitaire américain — antichambre de la NBA — avait surpris.
Comme tous les joueurs de sa génération Olivier Saint-Jean a grandi dans le culte de la NBA, transformée en mythe par la Dream Team aux Jeux olympiques de Barcelone.
«Le basket américain a toujours été un point de référence dans ma famille. Il est normal que j’aille voir à quoi cela ressemblait aux Etats-Unis», raconte-t-il. Sa mère fut joueuse de niveau régional et son frère Samuel porte le même numéro que lui (le neuf) à Chalon-sur-Saône (No 1).
A l’université du Michigan où il pose ses valises en 1993 avec son bac en poche, Olivier Saint-Jean va rapidement apprendre la dure réalité de la compétition universitaire.
Deux minutes par match
Soumis à une trop forte concurrence, il préfère s’inscrire un an plus tard dans un établissement moins coté mais où il pourra s’exprimer plus largement: la San José State University.
Sous le soleil californien, trois saisons vont se succéder. et en trois ans, l’étudiant en histoire de l’art va se métamorphoser.
Joueur intérieur, Olivier Saint-Jean devient ailier. Pendant cette transformation, il gagne 20 kilos et un surnom «Big O».
Les statistiques, baromètre de ce sport, lui sont de plus en plus favorables et logiquement son nom apparaît à la 11e place de la «draft» le 25 juin dernier à Charlotte.
Devenu musulman un an plus tôt comme son idole Hakeem Olajuwon (le pivot des Houston Rockets), Olivier Saint-Jean se contente ce jour-là de remercier Dieu. Le gamin de Maison-Alfort a réussi son pari.
Pour autant son parcours ne fait que commencer. Il va maintenant lui falloir gagner sa place au sein des Sacramento Kings.
«Jouer deux ou trois minutes par match me satisferait pleinement», confie le premier «rookie» français de la NBA. «Je ne suis pas dans une situation où je vais pouvoir bouger des montagnes».


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