«L’Union des Chambres de commerce séoudiennes a décidé de ne pas participer à la Conférence économique de Doha, pour exprimer le refus des hommes d’affaires séoudiens de la politique israélienne opposée au processus de paix», a déclaré à l’AFP le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Ryad, M. Abdel Rahman al-Jarissi.
A l’exception du Qatar, qui accueille cette conférence, aucune autre monarchie arabe du Golfe (Arabie Séoudite, Koweit, Emirats, Bahrein, Oman) n’a encore annoncé qu’elle participerait à la Conférence de Doha.
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Bahrein, ainsi que l’Union des Chambres de Commerce et d’industrie des Emirats arabes unis, ont annoncé qu’elles boycotteraient ce forum en raison de la présence d’Israël.
Des hommes d’affaires séoudiens avaient participé a titre individuel aux trois précédentes éditions de la conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord à Casablanca (1994), Amman (1995) et au Caire (1996), mais avaient évité tout contact avec les représentants israéliens.
Cependant, même une participation à titre individuel d’hommes d’affaires séoudiens ne sera plus possible avec la décision de l’Union des chambres de commerce, a-t-on souligné de source économique.
De source diplomatique, on estime que la décision du secteur privé séoudien n’aurait pas pu être prise sans l’approbation des autorités et qu’elle reflète la position officielle.
L’Arabie Séoudite avait lié sa participation à ce forum à des progrès tangibles du processus de paix. «Or Ryad estime que jusqu’à présent, rien n’a changé dans la politique israélienne», a estimé une source séoudienne informée.
Le porte-parole du département d’Etat américain, James Rubin, avait indiqué le 15 octobre avoir obtenu la promesse de plusieurs pays arabes, dont l’Arabie séoudite et l’Egypte, de participer à la conférence de Doha malgré l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le processus de paix au Proche-Orient.
M. Rubin avait indiqué que ces pays avaient accepté d’être représentés — mais pas nécessairement au niveau de leurs chefs de gouvernement ou de la diplomatie — à cette réunion, à laquelle doit participer le ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy.
L’Arabie Séoudite a vite démenti avoir promis de participer à cette conférence prévue du 16 au 18 novembre à Doha, déclarant que la position du royaume n’avait «pas changé».
L’Egypte avait également démenti et le président Hosni Moubarak a lié dimanche la participation de son pays à la conférence de Doha à un gel de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens.
Jusqu’à présent, la Jordanie et le Yémen sont les seuls pays arabes à avoir annoncé leur participation à ce forum.
Parmi les pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont annoncé dès le mois d’août dernier qu’ils boycotteraient la conférence alors que les autres n’ont pas encore rendu publique leur décision.
Le Koweit a indiqué que sa décision était toujours à l’étude et qu’il l’annoncerait dimanche prochain. Trois mouvements islamistes du Koweït avaient appelé la semaine dernière le gouvernemnet à ne pas participer à cette conférence. (AFP)


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