Le chaos provoqué par les feux de forêts à Bornéo a provoqué le massacre d’orangs-outans à la tronçonneuse par des Indonésiens qui s’emparent de leurs petits et les vendent au marché noir, a déclaré jeudi le Fonds mondial pour la nature (WWF).
«Les tronçonneuses sont la plus récente méthode de tuer les orangs-outans», dit Mme Elizabeth Kemf, porte-parole du WWF chargée de la faune.
«A cause du manque d’eau et de nourriture dû aux feux qui font rage dans les forêts d’Indonésie, l’homme et la faune sauvage sont amenés à s’affronter pour la survie», explique-t-elle.
Des Indonésiens profitent des feux qui ravagent les jungles de Kalimantan depuis août pour tuer les grands singes dans les arbres, bien qu’ils soient protégés par la loi. Avec une visibilité réduite à 5-10m, il est très difficile de lutter contre ce braconnage.
«Des arbres qui abritent les orangs-outans affolés sont coupés, puis les mères sont coupées en morceaux, et les bébés sont capturés pour être vendus sur le marché illégal des animaux sauvages et de compagnie», dit la responsable.
Les femelles sont particulièrement vulnérables car elles vivent normalement 95% de leur temps dans les arbres où elles sont en sécurité contre les prédateurs.
Le WWF estime que plusieurs centaines d’orangs-outans au total sont morts des conséquences des feux de forêts depuis le mois d’août en Indonésie, tués d’une manière ou de l’autre par l’homme ou victimes de la destruction de leur habitat.
«Des villageois, qui souffrent de la famine et de troubles respiratoires, sont tellement désespérés qu’ils tuent les orangs-outans qui fuient les forêts et fouillent dans leurs champs et jardins. Au fur et à mesure que les difficultés augmentent, le ressentiment s’accroît contre des animaux qu’on ne tuerait pas normalement», dit Mme Kemf.
Certaines peuplades indigènes qui mangent traditionnellement des orangs-outans malgré l’interdiction officielle en tuent plus que d’habitude, vendant les crânes comme trophées, selon le WWF.
Il est impossible de dire combien de centaines d’orangs-outans morts en quelques mois ont été tués par l’homme ou sont morts des conséquences naturelles des feux sur leur habitat, dit Mme Kemf.
Mais la pollution a aggravé la situation des orangs-outans que l’organisation considère comme une espèce vulnérable, une classification qui la place derrière les espèces menacées de disparition.
L’Indonésie est le dernier refuge au monde des orang-outans avec moins de 30.000 singes. Leur population a diminué de 30 à 50% au cours des dix dernières années alors que leur habitat, la forêt tropicale, reculait de 80% en 20 ans, selon le WWF. (AFP)


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