L’un des musiciens les plus en vue d’Afrique du Sud, Mzwakhe Mbuli, surnommé le «poète du peuple», a été arrêté à la suite d’un hold-up armé dans une banque de Pretoria.
Le tribunal a refusé la mise en liberté sous caution de Mbuli, 38 ans, l’un des principaux organisateurs du concert des deux Nations, événement de musique pop qui doit avoir lieu samedi prochain à Johannesburg en l’honneur du prince Charles et de son fils Harry, avec la participation des Spice Girls.
L’artiste a été arrêté avec deux complices, en possession de trois révolvers, une grenade et des espèces volées quelques minutes après le hold-up pour un montant de 15.000 rands (plus de 3.000 dollars) dans une filiale de la First National Bank à Waverley, un quartier de la capitale sud-africaine, a précisé l’agence nationale SAPA.
Selon la police, les voleurs se sont enfuis dans la BMW bleue du poète, repérée par la police à 200 mètres de la banque.
Le parquet a justifié le refus de mise en liberté de Mbuli, en particulier parce que l’examen de ses empreintes digitales montre qu’il pourrait avoir été mêlé à d’autres crimes. La police souhaite aussi faire défiler les suspects devant témoins.
Les avocats de Mbuli ont réclamé la mise en liberté de leur client en raison de ses obligations urgentes, notamment le concert de samedi, dont le produit servira à alimenter le «Nation’s Trust», fonds de charité mis en place à l’occasion de la visite de la reine Elizabeth II en 1995.
Selon la défense encore, Mbuli, marié et père de deux enfant, est honorablement connu dans les milieux caritatifs et n’a jamais agi de manière préjudiciable à la société.
L’intéressé a affirmé pour sa part qu’il ignorait tout des armes trouvées dans sa voiture. Vêtu d’un pantalon noir et d’un blouson de même couleur, Mbuli a semblé décontracté pendant sa comparution, a encore indiqué la SAPA.
Mbuli avait participé en 1994 à la cérémonie d’inauguration de la présidence de Nelson Mandela. Il était une figure de la résistance anti-apartheid dans les années 80 et avait participé aux émeutes estudiantines de Soweto en juin 1976. Nombre de ses ouvrages, considérés à l’époque comme subversifs, avaient été interdits par les précédents gouvernements blancs.
Le Congrès national africain, l’ANC de Nelson Mandela, a toutefois souligné par la voie de son porte-parole, Ronnie Mamoepa, que l’arrestation rapide de personnes soupçonnées d’attaques de banques, y compris Mbuli, devait être applaudie par tous. «L’ANC réaffirme que la loi doit suivre son cours sans crainte du favoritisme. Ceux qui sont impliqués dans des activités criminelles, quelle que soit leur affiliation politique, ne doivent jamais profiter des fruits de leurs entreprises criminelles». (AFP)

