Le général de corps d’armée Mohamed Lamari y aborde notamment le dossier des massacres de civils, l’évolution de la situation sécuritaire, la question des «dépassements» attribués aux forces de sécurité.
L’Armée nationale populaire (ANP) avait été accusée par certains de «passivité» lors des dernières tueries.
Le général Lamari réaffirme que l’ANP est une «armée républicaine», qui est «engagée à préserver» la démocratie et est un «farouche défenseur et promoteur» des droits de l’homme face aux «forces obscurantistes les plus sauvages que l’histoire aient connues».
Les «rumeurs de dissensions» au sein de son corps procèdent d’une campagne «visant la déstabilisation par la désinformation», explique le général Lamari. «Ces sources se sont évertuées à classer les officiers, qui en négociateurs, qui en éradicateurs, qui en islamistes, qui en laïcs, et j’en passe», «Je leur réponds seulement avec mépris: qu’ils sachent que le haut commandement de même que les membres de l’ANP sont des Algériens musulmans, nationalistes et fiers de l’être (...)», poursuit l’officier. «Comble du ridicule, il a été même précisé que la dissension se situait aussi entre le président de la République et le chef d’état-major de l’ANP».
Le général Lamari a affirmé que ces rumeurs ont été «distillées par certains milieux étrangers», auxquels se sont alliés «certains Algériens politicards et mercenaires de la plume et du verbe».
Le général Lamari a reconnu une «certaine dégradation» de la situation sécuritaire à la fin de l’été, période qui coïncide avec les terribles massacres collectifs de Raïs, Beni Messous et Bentalha.
Cette dégradation «ne résulte pas, selon nous, d’une puissance accrue du terrorisme, loin de là et bien au contraire, ni d’un affaiblissement des forces de l’ordre. Non, cette dégradation résulte du fait que le terrorisme, rejeté par le peuple, se venge sur des civils isolés, désarmés», a déclaré le général.
Les «résidents armés»
Cette «donnée nouvelle» est combattue par la présence de «groupe de résidents armés» dans le cadre d’un décret qui fixe leurs conditions d’exercice. Ces groupes bénéficient de la couverture des forces de sécurité.
«D’une manière générale, là où l’alerte a fonctionné à temps, les interventions (des forces de sécurité) ont été efficaces. Par contre, hélas, là où l’alerte n’a pas été donnée à temps, soit par complicité, soit par neutralisation, soit par tromperie, les dégâts et les bilans ont été lourds».
Le général Lamari a estimé que l’Algérie était passée d’une situation «où l’existence de la nation même était menacée» à une «situation où la menace s’est déplacée vers le massacre aveugle de populations isolées, d’une situation où la menace touchait la quasi-totalité du pays à une situation limitée à certaines zones bien déterminées (...) d’une situation ou la communauté internationale était au mieux neutre, ou pire, hostile à une situation où elle condamne sans ambiguïtés ces criminels».
«L’insécurité ne disparaîtra pas complètement du jour au lendemain, comme par un coup de baguette magique», a cependant averti le général Lamari, qui a indiqué que les forces de sécurité «frapperont ces criminels» jusqu’au «rétablissement total de la sécurité».
Interrogé sur une «campagne de désinformation» relative à des violations des droits de l’homme par l’armée, le général Lamari a répondu qu’il «n’était pas exclu, dans la situation que nous vivons, que des dépassements aient eu lieu par le fait d’individus agissant isolément de leur propre chef».
Mais il a expliqué que des enquêtes étaient alors «immédiatement» diligentées. «Quelques cas sont en instance d’être jugés», a-t-il dit.
«Mais encore une fois, il s’agit d’une proportion infime qui n’entache en rien l’institution militaire et les forces de sécurité (...)». (AFP)


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