Dans une longue tribune libre publiée par le «Washington Post», M. Kissinger estime «essentiel (de mener) un effort diplomatique majeur pour mobiliser les alliés» des Etats-Unis et les convaincre de soutenir la politique américaine de pression sur l’Iran.
«Mais si nous sommes contraints d’agir seul, des contre-mesures pour défendre ce que nous pensons être l’intérêt national et général sont inévitables», ajoute-t-il, dans une référence implicite aux sanctions prévues par la loi d’Amato.
Celle-ci sanctionne les sociétés investissant en Iran dans le domaine pétrolier. Le groupe français Total, associé au groupe russe Gazprom et à une société malaisienne, a conclu un contrat d’achat de gaz avec l’Iran pour deux milliards de dollars.
Les autorités américaines ont ouvert une enquête pour déterminer si cette transaction tombe sous le coup de la loi d’Amato.
M. Kissinger rejette l’idée que des concessions — sous la forme d’un abandon ou d’un report des sanctions prévues par la loi d’Amato — puissent amadouer l’Iran.
Il prévoit au contraire que le nouveau président iranien Mohammed Khatami, «présumé modéré», va devoir donner des gages aux durs du régime en politique étrangère s’il veut libéraliser à l’intérieur. «Il est vraisemblable, dit-il, que Khatami va se ménager une marge de manœuvre à l’intérieur en donnant des preuves de sa vigilance idéologique sur la scène internationale».
Pour Henry Kissinger, le gouvernement américain a raison «d’envisager activement les possibilités» d’améliorer les relations avec l’Iran mais renoncer aux sanctions sans contrepartie serait donner le mauvais signal aux Iraniens.
Il se livre à un réquisitoire en règle contre le régime islamique, depuis la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran jusqu’aux plus récentes tentatives de l’Iran d’acquérir les technologies nucléaire et balistique russe et chinoise, en passant par le soutien de l’Iran à des groupes comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas dans les territoires palestiniens, que Washington considère comme terroristes.
«Il est impossible de citer une seule contribution constructive de la part de l’Iran à la stabilité internationale depuis que les ayatollahs ont pris le pouvoir» en 1979, conclut-il.


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