Le centre, qui a été fondé en collaboration avec l’Union européenne et le gouvernement espagnol, a été inauguré au cours d’une cérémonie officielle à laquelle plusieurs députés de la région ont pris part aux côtés du vice-président du Sénat français, M. Gérard Larcher, des ambassadeurs de France, d’Espagne et de Tunis, MM. Daniel Jouanneau, Mariano Garcia et Mohamed Néjib Hachana, de la présidente de la fondation espagnole «Promocion de la Cultura», Mme Pilar Lara, et de représentants de la FAO, de l’Union européenne, de l’Agence américaine de développement, MM. Omar Ben Ramadan, Georgiou Sikarelli et James Stevenson.
La cérémonie s’est déroulée sous l’égide du ministre de l’Agriculture, M. Chawki Fakhoury, qui a mis l’accent dans son allocution sur les efforts déployés par son département pour développer le secteur de l’agriculture au Liban. M. Fakhoury a souligné qu’il est déterminé à aller de l’avant dans son projet, en dépit des maigres moyens dont son ministère dispose. Il a indiqué que les fonds alloués à son département ont été réduits dans le Budget de 1998, à la suite de la décision du gouvernement de se serrer la ceinture pour l’exercice prochain. De ce fait, le budget du ministère de l’Agriculture ne représente plus que 0,54 % de celui de l’Etat. «En Jordanie, les fonds alloués à l’agriculture représentent 10% du Budget de l’Etat et 22% du Budget de la Syrie», a précisé M. Fakhoury.
Coopération entre les
secteurs public et privé
Aussi, M. Fakhoury a-t-il vivement encouragé la coopération entre les deux secteurs public et privé en vue d’un développement du secteur agricole. Avec l’industrie, celui-ci doit constituer, pour lui, la base de l’économie libanaise. «L’évolution de ces deux secteurs sera la planche de salut de notre économie», a-t-il dit, ajoutant que les plans triennaux qu’il envisage permettront progressivement d’atteindre ce but.
Après s’être félicité de l’initiative de la Fondation Moawad, le ministre a indiqué que le centre «ne sera pas orphelin». «Le ministère œuvre d’arrache-pied pour dynamiser ses branches et ses institutions au Liban-Nord. Dans quelques jours, les travaux de restauration de la station de Abadé relevant de l’Office des recherches scientifiques agricoles s’achèveront. Nous sommes en train d’acheter ses équipements et de recruter des ingénieurs et des chercheurs en agronomie», a-t-il déclaré.
Orientation et
développement agricole
M. Fakhoury a souligné que son département accorde une attention particulière à une politique d’orientation agricole qu’il compte d’ailleurs mettre en œuvre. Celle-ci prévoit l’établissement d’un réseau de communications intérieures pour le transfert d’informations agricoles, la création de 24 centres d’orientation agricole, un par caza, la publication de brochures et l’organisation de programmes radio et télédiffusés sur le même thème.
Cette politique s’inscrit dans le cadre d’un plan général visant à déboucher sur l’accroissement de la productivité agricole et l’amélioration de la qualité des produits agricoles. Dans ces mêmes buts, mais aussi pour rendre les produits libanais compétitifs, le ministère entend élargir la surface des terres arables en poursuivant la bonification des terrains (soit 6000 hectares par an) notamment dans les régions irriguées, percer des routes agricoles, 50 kilomètres en moyenne par an et développer les ressources hydrauliques du pays, à travers la construction de lacs artificiels pouvant contenir jusqu’à 150 mille mètres cubes par an, l’établissement de petits barrages et la modernisation des systèmes d’irrigation. Il compte aussi établir une carte agricole-climatique, protéger et reboiser les forêts, développer les ressources animales, encourager les crédits agricoles et l’industrie agroalimentaire.
Prenant ensuite la parole, le représentant de l’Union européenne a mis l’accent sur le soutien de l’UE aux projets de développement au Liban, notamment à ceux dont la finalité est de limiter les mouvements d’exode rural et de créer des opportunités de travail dans le secteur agricole. Il a souligné l’importance du rôle que les organisations non gouvernementales jouent dans ce domaine.
L’ambassadeur d’Espagne a pour sa part affirmé que son pays «poursuivra ses efforts en vue de développer ce que nous inaugurons aujourd’hui», en allusion au centre. Prenant la parole en dernier, Mme Nayla Moawad a critiqué le chiffre dérisoire du budget du ministère de l’Agriculture: «O,54% de l’ensemble du Budget, 0,54% pour pousser nos enfants à l’émigration, pour créer des ceintures de misère autour des villes, pour freiner la possibilité d’établir une sécurité sociale, 0,54% pour un projet d’une nouvelle guerre».
Mme Moawad a mis l’accent sur la nécessité de consolider la sécurité sociale. «Celle-ci, a-t-elle déclaré, est aujourd’hui menacée à cause de l’ampleur de la crise économique».


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