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Actualités - Chronologie

Impact limité sur la croissance des pays occidentaux

La crise économique et financière qui secoue une partie de l’Asie devrait avoir un impact encore difficile à chiffrer mais limité sur la croissance dans les pays occidentaux, estiment les experts, qui souhaitent une réaction rapide des instances internationales.
L’évaluation de l’impact de la crise est rendue délicate par l’imbrication du marché mondial, par le degré d’engagement dans cette région et le degré de sensibilité très différent d’un secteur industriel à l’autre.
Le ministre français de l’Economie, Dominique Strauss-Kahn, estimait jeudi qu’il y avait «toutes les chances» que la crise financière reste circonscrite à l’Asie et ne pèse pas sur la croissance européenne.
John Lonski, chef économiste de l’agence de notation financière Moody’s, relativise lui aussi le risque d’extension de la crise en rappelant que «la somme totale des activités économiques (dans la région) représente approximativement 20% de l’activité économique de l’Europe occidentale».
Si les prévisions d’une croissance de 3% en 1998 et 1999 se confirment dans l’Union européenne, «l’économie mondiale devrait largement transcender les problèmes de l’est de l’Asie», affirme M. Lonski.
Emmanuel Ferry du Crédit Commercial de France pense également que la croissance mondiale devrait se poursuivre malgré le ralentissement très fort que vont connaître les pays asiatiques les plus touchés et en dépit du fait qu’il s’agit d’une crise durable et profonde.
Pour les experts du Crédit Lyonnais, «l’impact direct (de la crise) devrait être très faible parce que les pays en voie de développement rapide ne représentent qu’environ 7% des exportations européennes» et environ 15% des exportations des Etats-Unis.
Mais il y a un risque d’effet en chaîne que l’on ne peut mesurer, souligne Philippe Brossard d’ABN Amro à Paris. Ainsi, un industriel européen peut être affecté par une chute des commandes d’un exportateur américain fortement engagé en Asie du Sud-Est, si celui-ci utilise des composants du Vieux continent.
Le Crédit Lyonnais souligne notamment le risque de ralentissement sur la filière électronique et informatique aux Etats-Unis, qui s’approvisionne en Asie, et du contrecoup que cela pourrait représenter pour les marchés européens.
Il en va de même pour l’industrie de la défense. Les pays d’Asie étaient de gros clients en raison des nombreux conflits ouverts ou larvés et les militaires doivent aujourd’hui réfréner leur soif d’équipement dernier cri parce que les budgets locaux se resserrent.
Pour la France, une crise généralisée en Asie pourrait gommer 0,1 à 0,2 point du produit intérieur brut, a estimé Emmanuel Ferry, tout comme l’expert d’ABN Amro.
Pour leurs homologues allemands, la crise n’aura que peu de conséquences sur l’économie nationale et seuls quelques géants comme Siemens ou Volkswagen (qui réalisent environ 1/10e de leur chiffre d’affaires dans la région Asie-Pacifique) pourraient ressentir des soubresauts.
Ces secousses «ne changeront cependant rien aux projets de ces entreprises dans cette région car ils s’inscrivent sur le long terme», a estimé Gerd Lueckel de la Deutsche Bank Research.
Le président du constructeur automobile BMW, Bernd Pischetsrieder, est persuadé que la crise est temporaire et il veut faire passer les ventes de son groupe dans la région de 10% à 25% du total.
«Nous sommes toujours convaincus qu’il n’y a aucune raison de changer nos plans à moyen-long terme pour le marché asiatique», a-t-il dit jeudi à Tokyo.
M. Strauss-Kahn a néanmoins souligné les risques importants de déstabilisation et selon lui «ce sont les structures multilatérales qui doivent se mobiliser, à commencer notamment par le Fonds monétaire international». (AFP)
La crise économique et financière qui secoue une partie de l’Asie devrait avoir un impact encore difficile à chiffrer mais limité sur la croissance dans les pays occidentaux, estiment les experts, qui souhaitent une réaction rapide des instances internationales.L’évaluation de l’impact de la crise est rendue délicate par l’imbrication du marché mondial, par le degré d’engagement dans cette région et le degré de sensibilité très différent d’un secteur industriel à l’autre.Le ministre français de l’Economie, Dominique Strauss-Kahn, estimait jeudi qu’il y avait «toutes les chances» que la crise financière reste circonscrite à l’Asie et ne pèse pas sur la croissance européenne.John Lonski, chef économiste de l’agence de notation financière Moody’s, relativise lui aussi le risque d’extension...