Deux ans après son deuxième titre mondial acquis au volant d’une Benetton, Michael Schumacher espère bien brandir à nouveau, dimanche à l’issue du Grand Prix d’Europe à Jerez, ultime course de la saison de Formule 1, le trophée attendu depuis si longtemps par son écurie Ferrari.
Cela fait 18 ans que la Scuderia attend cela, depuis le sacre du Sud-Africain Jody Scheckter en 1979, et 18 ans sans doute aussi qu’elle n’a pas été aussi près. L’Allemand doit seulement se contenter de finir devant le Canadien Jacques Villeneuve pour conquérir son troisième titre de champion du monde.
S’il y parvient, celui qui s’est d’ores et déjà imposé comme le plus grand pilote allemand de tous les temps entrera au panthéon de Maranello comme celui par qui le rêve est devenu réalité.
En outre, il rejoindra une poignée d’illustres triples champions du monde, derrière l’intouchable Fangio, cinq fois couronné, et Alain Prost, quadruple champion: l’Australien Jack Braham, le Britannique Jackie Stewart, l’Autrichien Niki Lauda et les Brésiliens Nelson Piquet et Ayrton Senna.
S’il s’impose à Jerez, il enregistrera sa 28e victoire en Grand Prix, soit le quatrième meilleur palmarès de l’histoire derrière Prost (51), Senna (41) et le Britannique Nigel Mansell (31).
Malgré tous ces éléments de nature à perturber tout homme, Schumacher garde la tête froide et se garde de toute extrapolation.
«Je sais ce qu’on attend de moi mais je vais à Jerez avec un seul objectif, me concentrer sur la course et faire mon travail», dit-il. «Nous avons travaillé très dur pour arriver à cette position. Nous devons maintenant rester concentrés et ne commettre aucune erreur».
Villeneuve a besoin
de calme
La semaine dernière, lors d’essais sur la piste de Fiorano, Schumacher a utilisé le controversé différentiel électronique que son coéquipier Eddie Irvine avait testé avec succès au Japon.
Il a également réclamé que la piste soit arrosée d’eau pour s’entraîner à courir en condition pluvieuse.
En face, Jacques Villeneuve n’a pour l’instant qu’une seule priorité, se reconcentrer sur la course après quinze jours de péripéties extra-sportives dont il se serait bien passé.
Le Canadien, suspendu au Grand Prix de Suzuka pour avoir ignoré les drapeaux jaunes d’avertissement, a retiré son appel et perdu deux points, ceux de sa 5e place, cruciaux dans la course au titre.
Villeneuve compte 77 points, contre 78 à Schumacher. S’ils finissent ex-aequo après Jerez, le pilote Williams sera sacré champion du monde au nombre de victoires (sept contre cinq à Schumacher après Suzuka).
Mais avant tout, Villeneuve a besoin de repos et de calme. Il est retourné chez lui à Monaco.
«Je ne sais pas à qui la piste convient le mieux», dit-il, «car c’est un mélange de virages où il est difficile de trouver le bon rythme».
«Nous avons effectué peu d’essais cette année et les autres écuries seront mieux préparées. Mais en cette fin de saison, les voitures ont tellement évolué depuis la période des essais il y a neuf mois que cela ne sera pas si important».
La dernière fois que la piste andalouse a accueilli un Grand Prix de Formule 1 était en 1994. Schumacher s’était imposé après avoir été suspendu pour deux courses.
Le circuit, sur lequel Renault effectuera son dernier Grand Prix, est étroit et n’autorise guère les dépassements, privilégiant la grille de départ et la stratégie de course, un domaine dans lequel la Scuderia a souvent excellé cette saison.


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