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Actualités - Conferences Internationales

Les forêts ont besoin de vitamine A (comme argent)

Depuis le sommet de Rio, la communauté internationale n’a jamais autant parlé de la forêt. Pourtant, cinq ans après, les espoirs nés au Brésil sont cruellement déçus: aucune convention sur la forêt n’a été signée, les aides internationales restant «maigres» et l’exploitation forestière abusive se poursuit.
«Le secteur forestier manque désespérément de vitamine «A» (comme Argent), résume avec humour un délégué, le Dr Jeffrey Sayer, lors du XIe congrès forestier mondial, à Antalya (Turquie).
Le sommet de Rio (premier «sommet de la terre», 1992) s’était engagé à consacrer 0,5% du PNB à la coopération, notamment dans le domaine forestier. «Aujourd’hui, très peu de pays y arrivent. La France y consacre bien 0,57% et les Pays-Bas 1,2%, par exemple, mais y est inclus ce que donnent les pays aux communautés européennes pour la coopération», a indiqué Jean-Paul Lanly du ministère de l’Agriculture français.
«Cinq ans après Rio, les espoirs des pays en développement sont déçus, tout comme ceux des forestiers qui attendent toujours une convention internationale sur les forêts», a-t-il poursuivi. Etats-Unis et pays d’Amérique du Sud sont les principaux opposants à cette convention.
«Ce congrès, qui réunit quelque 4.500 participants, est le plus grand congrès sur la foresterie jamais organisé dans le monde», a indiqué pour sa part David Harcharik, assistant du directeur général du département forestier de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). «C’est un très grand succès, a-t-il assuré. J’espère aussi que cette réunion va stimuler la coopération entre pays».

Pas de coordination

Mais ce congrès, aussi important soit-il, est une réunion technique et non politique. Il n’a donc pas vocation à déboucher sur des accords internationaux.
En revanche, une «déclaration d’Antalya», résumant les principales actions souhaitées par le congrès, a été présentée mercredi. Elle représente «l’état d’esprit des forestiers« en 1997. «Il faut s’engager financièrement pour la forêt, mais je ne pense pas qu’il va y avoir d’accroissement notable des aides internationales«, a admis M. Harcharik. Le précédent congrès, en 1991, à Paris, était axé sur la conservation et la mise en valeur des forêts. Le cru 1997 s’est plus intéressé à la coopération.
«Chaque année, le secteur forestier souffre d’un sous-investissement de 50 milliards de dollars», a estimé de son côté le Dr C. Chandrasekharan (Inde). «Dix-sept millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année, ce qui représente une perte de capital forestier de 45 milliards de dollars. Il faudrait pour la combler un investissement massif auquel devraient s’ajouter encore 70 milliards. Nous sommes très loin du compte», selon lui.
Le secteur forestier reçoit environ 20 milliards de dollars par an, dont 50% d’investisseurs privés — en général des multinationales —, l’aide internationale se limitant à 1,5 milliard, principalement pour la conservation et non la sylviculture qui pourrait profiter à la population, a-t-il rappelé.
«De plus, les donateurs sont multiples et il n’y a aucune coordination ni suivi. Et les aides sont mal réparties». «L’Indonésie, par exemple, a remarqué, pour sa part, M. Sayer, n’a aucunement besoin de l’argent de la Banque mondiale pour développer son marché forestier. Elle en reçoit néanmoins et l’utilise pour la conservation».
«Les institutions internationales pourraient jouer un rôle crucial pour contrecarrer les agissements des multinationales. Aujourd’hui, elles influencent surtout les politiques des pays pour répondre à leurs propres visées», a-t-il conclu avec sévérité. (AFP)
Depuis le sommet de Rio, la communauté internationale n’a jamais autant parlé de la forêt. Pourtant, cinq ans après, les espoirs nés au Brésil sont cruellement déçus: aucune convention sur la forêt n’a été signée, les aides internationales restant «maigres» et l’exploitation forestière abusive se poursuit.«Le secteur forestier manque désespérément de vitamine «A» (comme Argent), résume avec humour un délégué, le Dr Jeffrey Sayer, lors du XIe congrès forestier mondial, à Antalya (Turquie).Le sommet de Rio (premier «sommet de la terre», 1992) s’était engagé à consacrer 0,5% du PNB à la coopération, notamment dans le domaine forestier. «Aujourd’hui, très peu de pays y arrivent. La France y consacre bien 0,57% et les Pays-Bas 1,2%, par exemple, mais y est inclus ce que donnent les pays aux...