Ainsi, les cimenteries «Société des Ciments Libanais» et la «Cimenterie Nationale» ont reçu l’expert chimiste Angela Srephenson, mandatée par le laboratoire international de «Greenpeace» à Londres. L’expert a pu sans obstruction effectuer des prélèvements comme prévu et des membres d’autres associations militantes pour la protection de l’environnement au Liban ont assisté à cette action. A cette occasion, M. Fouad Hamdane, représentant «Greenpeace-Liban», s’est félicité de voir les deux plus importantes entreprises libanaises dans le domaine de la fabrication du ciment s’ouvrir spontanément aux mouvements pour la protection de la nature et que les dirigeants de ces entreprises ne voient plus en «Greenpeace» un ennemi.
Interrogé par «L’Orient-Le Jour», M. Fouad Hamdane a déclaré: «Les efforts en matière de préservation de l’environnement, des cimenteries de Chekka, notamment à travers la construction de leurs nouvelles chaînes de fabrication, sont remarquables, même si l’atmosphère est encore poussiéreuse pour les habitants du village. Sont responsables en premier lieu les coupures d’électricité qui provoquent un arrêt des filtres durant plus d’une demi-heure à chaque stoppage, et le manque d’étanchéité de certains hangars qui devraient être couverts, selon les responsables de la «Cimenterie Nationale» d’ici fin 98».
Il y va autrement concernant les autres industries utilisant du ciment, contre lesquelles le précédent ministre de l’Environnement avait, d’ailleurs, déjà pris des mesures concernant la limite de l’utilisation, notamment, de l’amiante. Par ailleurs, le représentant de «Greenpeace» a souligné que le ministère de l’Environnement n’avait toujours pas interdit l’emploi de l’abestos (amiante) dans les industries de tuyaux en ciment et que cela restait préjudiciable pour la santé des citoyens. Les autres pollutions dues à l’activité des cimenteries se localisent, non pas au niveau du souffre contenu dans le pétro-coke, mais dans la poussière générée par ces usines ainsi que les fumées qui résultent du brûlage du pétro-coke.
En effet, selon les rapports de Greenpeace, ces fumées dégageraient des hydrocarbures aromatiques (PAH), peut être responsables à long terme de certains cancers. Par ailleurs, le produit des filtres serait aussi insuffisamment contenu. Car pour M. Hamdane, il s’agit surtout, pour les cimenteries, de fermer à la vue et à l’ouïe des habitants de Chekka l’ensemble des installations nécessaires à l’industrie du ciment et d’améliorer la qualité des protections. Des traces de pollution auraient été relevées dans les poussières émises!
Avant leur visite à Chekka, les militants de l’association écologiste ont recueilli des échantillons des sols pollués dans la région de Selaata, au niveau des usines de produits chimiques qui évacuent leurs déchets directement dans la mer.
Gérard DE HAUTEVILLE

